Une femme meurt après avoir attendu 2h30 aux urgences, à Reims

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Jeudi 08 Mars 2018 : 10h14

Une femme de 73 ans est morte aux urgences, attendant d'être prise en charge depuis 2h30 au CHU de Reims. 

© Istock

Une septuagénaire est arrivée aux urgences de Reims à 16h mardi 6 mars 2018 avec les jambes marbrées. Après 2h30 d'attentes sans être prise en charge, elle est décédée d'une crise cardiaque.

Les ambulanciers ont transporté la patiente à 16h aux urgences de l'hôpital. Voyant l'état de la victime se dégrader, ils ont alerté le personnel soignant qui a tenté en vain de la réanimer. Elle décédera quelques minutes plus tard. Pour son fils "cette attente lui a peut-être été fatale" a-t-il témoigné dans le Journal L'Union.

L'hôpital, de son côté, n'a décelé aucun dysfonctionnement après enquête. Ils expliquent dans un communiqué que "les urgences sont traitées selon la gravité de l'état des patients et non selon leur ordre d'arrivée et ce, indépendamment de leur mode de transport. Pour ce qui est du décès de la patiente de 73 ans, une enquête a été diligentée immédiatement. Aucun dysfonctionnement n'a été constaté, toutes les personnes étaient à leur poste et la chaîne de décision s'est effectuée convenablement. Il y a eu, malheureusement, quatre urgences vitales à traiter en même temps que la septuagénaire, qui, à son arrivée, avait été diagnostiquée dans un état stable. les soins appropriés lui ont été administrés quand son état s'est aggravé".

Mais qui est responsable ?

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De plus, il rappelle que "quotidiennement, les compétences et effectifs des professionnels exerçant au sein du SAU sont organisés pour garantir la continuité de la prise en charge du patient, y compris la nuit, les week-ends et les jours fériés". Les épidémies (grippe et diarrhée) qui touchent la région de Reims ont créé un pic d'activité aux urgences, expliquant, selon l'hôpital, la longue attente de la patiente.

Du côté des ambulanciers, la responsabilité du décès est à chercher autre part. M. Boubidar, gérant des Ambulances Lavigne et aussi secrétaire du syndicat des ambulanciers marnais, confie au Journal L'Union : "Nous n'avons rien à redire sur le personnel des urgences : ils font ce qu'ils peuvent mais ils ne sont pas assez nombreux pour gérer les personnes et celles que nous amenons".

Il poursuit "combien faudra-t-il de décès sur nos brancards pour qu'une nouvelle organisation permettant de réduire considérablement les délais d'attente soit enfin appliquée aux urgences de Reims ?"

Les services d'ambulance et l'hôpital doivent se réunir prochainement pour aborder les dysfonctionnements et les contraintes liées à chaque secteur.

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Jeudi 08 Mars 2018 : 10h14
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