Traumatisme crânien : le handicap invisible !

Publié par Jean Montelriny, journaliste santé le Lundi 13 Octobre 2008 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 27 Octobre 2010 : 16h10
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Chaque année, en France, 160 000 personnes sont victimes d'un traumatisme crânien et près de 8 000 restent gravement handicapés. Outre les conséquences physiques (tétraplégies…), les traumatismes crâniens transforment parfois profondément le comportement et la personnalité des victimes : c'est le handicap invisible !

Bernard, chauffeur poids lourd, a subi un traumatisme crânien suite à un accident de la route. 12 jours de coma ! Il n'a pas de séquelles physiques visibles, pas de paralysie, mais depuis Il n'est plus le même ! "Je ne me rappelle ni de mon passé, ni des membres de ma famille. Je ne reconnais même pas mes enfants. Quand on me parle, je mets du temps à répondre, et je dois préparer ma phrase longuement. Si on me coupe, je l'oublie aussitôt. Quand je vais chercher un objet dans la maison, je ne pense qu'à ca, sinon j'oublie. Je ne supporte pas le bruit : une simple porte qui claque me bloque. Je suis toujours très fatigué. Je ne peux pas me baisser, pour lacer mes chaussures par exemple, car sinon le mal de tête arrive. On me dit que je suis le même, mais pour moi, je suis mort, un autre a pris ma place", relate Bernard. Ce que ressent Bernard, des milliers d'autres le vivent en France. En effet, on dénombre 160 000 nouveaux traumatisés crâniens chaque année en France : accidents routiers, sportifs, professionnels ou domestiques, agressions Ce nombre va croissant, car les médecins sont désormais capables de sauver des personnes qui auraient succombé à leurs blessures dix ans auparavant.

Un traumatisme crânien, c'est quoi ?

"Le traumatisme crânien est dû à un choc sur le crâne ou même à une violente décélération qui provoque le cisaillement et l'étirement d'axones. Le traumatisme crânien s'accompagne d'une perte de connaissance, d'un coma", explique le professeur Philippe Azouvi, chef du service de médecine physique et réadaptation à l'hôpital Raymond Poincaré (Garches). Si le choc est violent, le cerveau va venir s'impacter sur la boîte crânienne. Une hémorragie peut alors survenir : c'est la contusion cérébrale ! De même, les vaisseaux sanguins situés entre le crâne et l'enveloppe protectrice appelée dure-mère peuvent éclater. C'est l'hématome extradural ! S'il grossit, il peut comprimer et donc endommager le cerveau. "Un enfant qui tombe dans la cours de récréation et perd brièvement connaissance après le choc peut, quelques heures plus tard, tomber dans le coma, suite au gonflement progressif d'un hématome extradural", explique le docteur Philippe Meyer, médecin réanimateur à l'hôpital Necker (Paris). Il faut donc surveiller une victime même après un traumatisme crânien léger et être attentif à des symptômes comme des maux de tête, des nausées, une somnolence, des difficultés à marcher ou à parler

La réanimation après un traumatisme crânien

Lors du coma, d'autres facteurs peuvent aggraver les lésions cérébrales. Les services de réanimations ont pour but de les limiter. "Notre premier objectif est le maintien d'une pression artérielle normale, pour que le cerveau continue d'être bien irrigué par le sang. En cas d'hémorragie, on restaure donc le volume sanguin. De même, le coma induit une baisse de l'efficacité de la respiration. Or, une mauvaise oxygénation complique aussi les lésions cérébrales. Voilà pourquoi le patient dans le coma est intubé et placé sous respiration artificielle", explique le docteur Philippe Meyer. Les patients dans le coma restent sensibles à la douleur. "Si la victime est manipulée sans précaution après un accident, le cerveau va souffrir des stimulations douloureuses envoyées par le corps. Les réanimateurs placent donc la victime sous anesthésie générale, pour protéger le cerveau", résume le docteur Philippe Meyer.

Publié par Jean Montelriny, journaliste santé le Lundi 13 Octobre 2008 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 27 Octobre 2010 : 16h10
Source : Côté santé, septembre 2008.
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