Pleurs du nourrisson : faut-il laisser bébé pleurer ?

Publié par Dr Christelle Pierrot, médecin généraliste le Vendredi 26 Février 2016 : 12h58
Mis à jour le Mardi 01 Mars 2016 : 15h03
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Si l’on sait de façon théorique qu’un bébé pleure, ce n’est pas pareil de l’expérimenter ! Beaucoup de parents se trouvent démunis devant les pleurs de leur nourrisson, notamment quand ses besoins physiologiques sont déjà comblés. Par crainte de passer à côté d’une cause organique, ils multiplient parfois les consultations médicales. L’entourage donne en général beaucoup de conseils divers et variés qui peuvent être source de confusion, voire de culpabilité : on peut finir par penser qu’on est un mauvais parent quand on ne parvient pas à pouvoir calmer les pleurs de son tout-petit, ou bien qu’un enfant qu’on prend dans ses bras pour tenter de l’apaiser va devenir capricieux par la suite. Alors faut-il laisser bébé pleurer ?

Les pleurs du nourrisson : un signal pour attirer l’attention sur ses besoins physiologiques

Les bébés sont complètement dépendants de l’adulte, aussi les pleurs sont un signal d’alerte leur permettant d’attirer l’attention sur leurs besoins physiologiques. En premier lieu, un bébé qui pleure peut avoir faim, d’autant plus si son dernier biberon ou sa dernière tétée remonte à plus de deux heures. Il peut aussi indiquer qu’il est inconfortable parce que sa couche nécessite d’être changée, ou qu’elle est trop serrée. Il peut avoir froid, notamment au déshabillage, ou au contraire il peut avoir trop chaud. Les pleurs sont aussi le moyen de demander un câlin, de créer un lien : les besoins physiologiques d’un bébé ne sont pas que des besoins alimentaires, le contact physique est primordial pour qu’il puisse se développer harmonieusement. Demander d’être porté, d’être rassuré n’est pas un caprice chez le tout-petit, mais une nécessité. Donc si au départ il n’est pas forcément évident de savoir ce que les pleurs de bébé signifient, on parvient au fur et à mesure à distinguer ses différents cris, à mieux identifier ses besoins qui, une fois comblés, lui permettent de s’apaiser.

Quand s’inquiéter d’une cause organique ?

Les pleurs du nourrisson peuvent être impressionnants : bébé est tout rouge, tout crispé, il hurle. Comment être sûr qu’il n’est pas douloureux ou malade ? C’est la crainte de tout parent au départ, d’où la multiplication des consultations chez le médecin traitant, chez le pédiatre, aux urgences. Il faut en effet s’alarmer et consulter de suite un médecin si un bébé de moins de 3 mois a de la fièvre (température rectale supérieure à 38°C). Si un bébé régurgite beaucoup et pleure au moment des régurgitations, s’il s’alimente de moins en moins, il faut également voir un médecin pour s’assurer qu’il ne souffre pas d’une irritation de l’œsophage à force de régurgiter (œsophagite). Des épisodes de constipation (émission de selles très dures, avec parfois un peu de sang) peuvent aussi être source de pleurs. De même, des pleurs associés à tout symptôme tel que la toux, le rhume, la diarrhée, les vomissements, avec un bébé qui s’alimente mal, doivent faire consulter. Ceci ayant été dit, il faut quand même savoir que dans la grande majorité des cas, quand un bébé pleure (même très fort), c’est rarement une maladie qui est en cause. Le médecin pourra rassurer les parents, notamment en vérifiant qu’il continue de bien prendre du poids.

Publié par Dr Christelle Pierrot, médecin généraliste le Vendredi 26 Février 2016 : 12h58
Mis à jour le Mardi 01 Mars 2016 : 15h03
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