Hépatite B : bébé, enfant, adolescent... qui vacciner ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 07 Janvier 2004 : 01h00
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En tenant compte des complications graves de l'hépatite B, de l'efficacité du vaccin et de ses effets secondaires, les experts recommandent la « vaccination universelle contre l'hépatite B des bébés» et la « mise en place d'un programme temporaire de rattrapage de la vaccination à destination des enfants et des préadolescents ».

Le ministère de la santé a demandé à l'ANAES (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé) et à l'INSERM (Institut national de la santé de la recherche médicale) d'organiser une réunion de consensus sur le thème de la vaccination contre l'hépatite B. Le jury d'experts a statué.

Faits et arguments

  • En 1994, la France débute une campagne de vaccination massive dans le cadre d'une politique planétaire de lutte contre l'hépatite B mise en place par l'OMS.
  • Accusée d'effets secondaires, elle est stoppée en 1998.
  • La France fait partie des pays de faible endémie, à l'exception des DOM-TOM.
  • Les données de surveillance indiquent une nette diminution du taux d'incidence de l'hépatite B au cours de la dernière décennie.
  • Le nombre de nouveaux cas d'hépatite aiguë serait compris entre 2.000 et 3.000. Celui des hépatites fulminantes serait passé de 20 en 1990 à 6 en 2000.
  • En ce qui concerne les complications chroniques de la maladie : en france, 5 à 10% des adultes immunocompétents infectés deviendraient porteurs chroniques du virus et 15% des décès pour cirrhose ou carcinome hépatocellulaire, seraient en rapport avec une infection par le virus de l'hépatite B (VHB).
  • Près de 3.000 nouveau-nés pourraient devenir porteurs chroniques du VHB en raison d'une transmission materno-foetale en l'absence de sérovaccination dans les 12 à 24 heures suivant la naissance.
  • On estime aujourd'hui que 20% des femmes enceintes échappent au dépistage systématique de l'AgHBs. De plus, deux nouveau-nés sur cinq, nés de mère dépistée, ne bénéficieraient pas d'une sérovaccination.
  • « A ce jour, il n'existe pas d'argument en faveur de l'existence d'un lien entre la vaccination et les maladies démyélinisantes et non démyélinisantes chez l'enfant. Chez l'adulte, des cas de myofasciite à macrophage seraient en relation avec un adjuvant vaccinal : l'hydroxyde d'aluminium. On ne peut exclure une relation de faible ampleur ».
  • « Il n'existe pas non plus d'argument suggérant que la vaccination provoquerait des poussées chez les personnes déjà atteintes de sclérose en plaques ».

Les recommandations concernent donc :

  • les nourrissons ;
  • les enfants et préadolescents n'ayant pas bénéficié d'une vaccination pendant la petite enfance ;
  • les nouveau-nés de mère positive pour l'antigène HBs ;
  • les professionnels de santé ;
  • les sujets à risque élevé d'exposition au VHB : usagers de drogue par voie parentérale (usage intraveineux ou pernasal) ;
  • les adeptes des tatouages ou des piercings ;
  • les personnes en contact avec un sujet porteur de l'AgHBs (en famille ou en collectivité) ;
  • les personnes infectées par le VIH (virus du sida) ou le VHC (virus de l'hépatite C) ;
  • les hémodialysés chroniques ;
  • les transfusés chroniques ;
  • les patients et les personnels des structures accueillant des handicapés mentaux ;
  • les hétérosexuels ou homosexuels ayant des partenaires sexuels multiples et/ou une maladie sexuellement transmissible récente ;
  • les voyageurs en pays de forte endémie ;
  • les détenus ;
  • les candidats à une greffe.

Les recommandations concernent donc :

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 07 Janvier 2004 : 01h00
Source : Le Quotidien du Médecin N°7450, 19 décembre 2003.
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