Gynécologie : l'anneau vaginal contre la sécheresse intime et les règles trimestrielles

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Août 2016 : 11h09
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 17h05

Arrivée du premier anneau vaginal contre la sécheresse intime, 1er anniversaire de la pilule qui déclenche les règles chaque semestre, la dose d’œstrogènes pour une contraception la plus sûre pour la santé… voici les dernières nouvelles en gynécologie.

Estring®, un premier anneau vaginal contre la sécheresse vaginale

Après 50 ans, en péri-ménopause et a fortiori après la ménopause, l’arrêt de la sécrétion de certaines hormones (œstrogènes),associé au vieillissement des tissus, entraîne progressivement une perte de volume et de taille (atrophie) de la vulve et du vagin. Parmi les femmes entre 45 et 75 ans, près de 40% rapportent des signes d’atrophie vaginale avec une sécheresse vaginale (vulvo-vaginale) pour 55% d’entre elles, une douleur lors des rapports sexuels chez 44% (dyspareunie),une irritation chez 37% et un impact sur la sexualité chez 60% (1). Un cercle vicieux car l’inactivité sexuelle concourt à l’atrophie vaginale.

L’ensemble de ces symptômes s’appelle dans le jargon médical "Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause" car les symptômes urinaires (envie fréquente d’uriner/pollakiurie, cystites, incontinence) sont provoqués eux-aussi par un déficit local en œstrogènes. Pour y remédier, en plus des lubrifiants longue durée (acide hyaluronique) et des œstrogènes locaux (ovules et crème à l’estriol ou au promestriène),une troisième solution sera disponible à l’automne 2016 sur prescription médicale : le premier anneau vaginal qui diffuse de l’estradiol pendant 90 jours.

Dr Brigitte Letombe, praticien hospitalier en gynécologie médicale et médecine de la reproduction, au CHRU Jeanne de Flandre (Lille) : « Ce système de diffusion vaginale libère en continu un œstrogène peu dosé. Sur le modèle de l’anneau contraceptif, la femme l’insère elle-même dans le tiers supérieur du vagin et le laisse en place pendant trois mois. Une solution plus durable et pratique pour celles qui ressentent des symptômes locaux, au niveau de la sphère génito-urinaire. L’anneau vaginal pourra aussi être un complément chez celles qui sont déjà sous œstrogènes par voie générale à faible posologie ("traitement hormonal de la ménopause") mais qui ne préfèrent ou ne peuvent pas augmenter les doses (tension mammaire, par exemple) en dépit de symptômes persistants au niveau génito-urinaire. A partir du moment où l’anneau vaginal a permis la reprise d’une sexualité régulière, il n’a pas nécessité à être poursuivi si le rythme de l’activité sexuelle persiste ».

Les principales contre-indications sont un cancer hormono-dépendant (sein),un accident thromboembolique veineux ou artériel (infarctus du myocarde etc.). Il est possible que la femme sente l’anneau de silicone (diamètre de 5,5 cm) dans les premiers temps. S’il se déplace, elle peut le remettre en position avec les doigts simplement. Il peut être retiré le temps d’un rapport sexuel.

Estring®-au prix d’une trentaine d’euros par trimestre- ne sera pas remboursable.

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La pilule contraceptive ne provoque que des pseudo-règles

Les contraceptions œstroprogestatives (association des hormones œstrogènes et de la progestérone),lorsqu’elles sont fondées sur le rythme "21 jours de pilule-7 jours d’arrêt" créent des "hémorragies de privation", qui n’ont rien à voir avec les règles. Sans aucun intérêt physiologique, elles peuvent au contraire être source de souffrance pour bon nombre de femmes (maux de têtes, syndrome prémenstruel douloureux, règles abondantes, anémie etc.).

Dr Brigitte Letombe : « Dès lors qu’une femme est sous pilule contraceptive, les règles n’existent plus. Sous la pression sociale et culturelle, les pilules mises sur le marché il y a une cinquantaine d’années mimaient le cycle menstruel naturel. Surtout depuis les années 2000 avec les contraceptions moins dosées et progestatives pures qui permettent une absence de règles, les femmes acceptent et même revendiquent de plus en plus de ne plus avoir à subir les "règles". Si le médecin prend le temps d’expliquer que la pilule bloque l’ovulation, l’absence de danger et de conséquence sur le retour à la fertilité même après des années, alors beaucoup de femmes sont convaincues et soulagées par la levée de cette contrainte inutile. Les pilules sont devenues si peu dosées que la muqueuse de la paroi de l’utérus (l’endomètre) ne s’épaissit pas, contrairement aux premières pilules, fortement dosées. Inutile alors d’évacuer cet endomètre en faisant saigner chaque mois les vaisseaux qui le vascularisent. »

Il y a un an, la pilule contraceptive Seasonique®, qui permet d’être réglée tous les trois mois, arrivait en France. Elle aura mis dix ans à traverser l’Atlantique. En cet automne 2016, ça n’est pas tant la date anniversaire de sa commercialisation que sa participation à une évolution des mentalités :les femmes n’ont plus à subir la contrainte que représentent les règles. Seasonique® a cependant du mal à percer, du fait principalement de l’absence de remboursement.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Août 2016 : 11h09
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 17h05
Source : (1) J Sex Med 2013 ; 10 : 1790-99 ; (2) CNGOF, 33ème journées nationales Paris, 2009 ; (3) Lancet 2000 Mar 11;355(9207):922-4 ; (4) Contraception 2003 Jan;67(1):1-8 ; (5) European Journal of Contraception & Reproductive Health Care, march 2016. (6) collectées par la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés , BMJ 2016;353:i2002
D’après un entretien avec le Dr Brigitte Letombe, praticien hospitalier en gynécologie médicale et médecine de la reproduction, au CHRU Jeanne de Flandre (Lille) 
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