Études, carrières, emprunts, soins : les séropositifs subissent toujours d’aberrantes discriminations

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 27 Novembre 2015 : 11h41
Mis à jour le Vendredi 27 Novembre 2015 : 11h41

Dans son nouveau rapport « VIH, Hépatites : la face cachée des discriminations », l’Association AIDES dénonce les discriminations dont sont encore victimes les personnes séropositives. Soins, emprunts, études, professions, tous les domaines sont affectés, révélant une méconnaissance inquiétante du VIH et de ses modes de transmission, y compris par les professionnels de santé…

Refusés par un cabinet dentaire sur trois. Refusés pour une demande d’emprunt. Refusés à l’entrée de certaines écoles. En 2015, les discriminations envers les séropositifs ne sont guères différentes de celles qui avaient cours dans les années 80.

Des carrières interdites aux séropositifs

Sur la base de textes réglementaires totalement anachroniques, de nombreuses écoles et professions ferment encore leurs portes aux personnes séropositives. C’est le cas de l’École nationale de la magistrature qui, selon une ordonnance de 1958, exclut toute personne en ALD (affection de longue durée), et de Polytechnique et Saint-Cyr, qui s’appuient sur unréférentiel Sigycop définissant les critères médicaux d’aptitude aux carrières militaires et jugeant inapte toute personne sous traitement (le cas de 79% des séropositifs, dont le traitement permet justement de contrôler l’infection et d’empêcher la transmission du virus). Toujours selon cette classification Sigycop, les personnes séropositives sous traitement sont considérées comme « inaptes au terrain » dans tous les corps de l’armée, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers et de la police nationale. Au total, 500.000 postes interdits.

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Inégalité des soins pour les personnes séropositives

Refus de soins directs ou déguisés et pratiques discriminatoires, c’est ce que doivent endurer les séropositifs dans leur démarche de soins, y compris pour une simple consultation dentaire : « Il vaudrait mieux que vous alliez à l’hôpital, moi je n’ai pas l’habitude de soigner ce genre de patients » ; « Ah vous êtes séropositif ? Par contre c’est 150 € pour un détartrage » ; « Les personnes comme vous, on préfère les mettre en fin de matinée, ça permet de bien nettoyer le cabinet » ; « Non non pas de soucis, au pire je mettrai deux paires de gants ».

Le rapport AIDES souligne également l’effrayante situation de la Guyane, territoire français où le nombre de contaminations annuelles y est 9 fois plus élevé que la moyenne nationale. Depuis 2007, des barrages routiers à l’entrée de Cayenne refoulent les personnes gravement malades, lesquelles ne peuvent avoir accès aux soins spécialisés existant uniquement dans cette ville.

L’accès à l’emprunt : un parcours du combattant

Pour 84.000 personnes séropositives, sous traitement et en charge virale indétectable, leur droit d’accès à la propriété est remis en cause, « en raison d’inégalités (…) scandaleuses et infondées ». Pourtant aujourd’hui, on vit longtemps en bonne santé avec le VIH.

Dénoncer les exclusions sociales qui reposent sur des peurs infondées et des préjugés, les sanctionner et les combattre pour tenter de faire évolution ces situations aberrantes, tels sont les objectifs de AIDES.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 27 Novembre 2015 : 11h41
Mis à jour le Vendredi 27 Novembre 2015 : 11h41
Source : Rapport AIDES, « VIH, Hépatites : la face cachée des discriminations », novembre 2015.
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