L’essentiel sur l’hémorragie à l'accouchement

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Mars 2014 : 10h20
Mis à jour le Lundi 24 Mars 2014 : 11h28

Lors de la délivrance, une hémorragie survient dans 5 % des accouchements.

À quoi sont dus ces saignements ?
Quelles sont les femmes concernées et quels sont exactement les risques encourus ?

Hémorragie de la délivrance : 5 % des accouchements

Une hémorragie survient dans 5 % des accouchements. Elle est mortelle dans 1% des cas dans les pays en voie de développement où c’est la première cause de décès maternel.

En France, la mortalité liée à une hémorragie du post-partum est cent fois moindre, mais elle stagne à environ 10 pour 100.000 naissances (une fréquence deux fois plus élevée que dans les pays voisins), et elle fait toujours partie dans notre pays aussi de la première cause de mortalité maternelle au cours de la grossesse.

Hémorragie du post-partum : de quoi parle-t-on ?

L’hémorragie à l’accouchement ou hémorragie du post-partum se définit à partir d’une perte de sang de 500 ml dans les 24 heures qui suivent l’accouchement. Mais cette hémorragie survient le plus souvent dans les 2 premières heures qui suivent la délivrance.

La perte sanguine peut être plus élevée et c’est à partir de 1.000 ml (1 litre de sang) que la vie maternelle est menacée (1 % des cas, soit une patiente sur 1.000), nécessitant d’entreprendre les « gestes qui sauvent ». Ainsi, chaque obstétricien n’est confronté à cette situation que quelques fois dans sa vie.

Que se passe-t-il ?

Lors de la délivrance, juste après la sortie du bébé, les contractions de l’utérus reprennent, un peu plus faiblement, afin d’expulser mécaniquement le placenta, les membranes amniotiques et le cordon ombilical. Cette expulsion met à nu la riche vascularisation de l’utérus, qui convergeait vers le cordon ombilical et qui servait à alimenter le fœtus en oxygène et en nutriments. Mais immédiatement après la naissance, la rétraction de l’utérus provoque une occlusion des vaisseaux sanguins ce qui stoppe progressivement la perte de sang.

En cas d’hémorragie post-partum, l’occlusion des vaisseaux ne se fait pas ou mal et le saignement (lochies) se prolonge au-delà de 500 ml de perte sanguine (limite physiologique).

À noter qu’en cas de césarienne, le saignement est toujours plus important que par voie basse sans être grave s’il ne dépasse pas les 1.000 ml.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Mars 2014 : 10h20
Mis à jour le Lundi 24 Mars 2014 : 11h28
Source : J Gynecol Obstet Biol Reprod 2004; 33 (suppl. au n° 8): 4S9-4S16. HAS, Recommandations pour la pratique clinique : hémorragies du post-partum immédiat, http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/HPP_rapport.pdf. CNGOF, Recommandations pour la pratique clinique, Hémorragies du post-partum immédiat, http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PURPC_12.HTM.
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