La DHEA doit être soumise à la réglementation du médicament !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 23 Juillet 2001 : 02h00
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L'AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) vient de rendre public le rapport demandé par Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, concernant les bénéfices et les risques éventuels liés à l'utilisation de la DHEA. Il définit également le statut juridique de cette molécule : la DHEA « doit être assujettie à la réglementation du médicament ! »

Un groupe d'experts a été réuni afin d'évaluer les données expérimentales, cliniques et épidémiologiques actuellement disponibles sur la DHEA. Leurs conclusions sont sans équivoques. A ce jour, l'efficacité de ce produit dans la lutte contre le vieillissement n'est pas prouvée. Les propriétés pharmacologiques de la DHEA n'ayant pas été établies de façon irréfutable, des essais complémentaires doivent être menés. De même, son innocuité sur le long terme n'a pas été démontrée. Certes, aux doses inférieures ou égales à 50mg aucun effet clinique majeur indésirable n'a été observé, mais deux points restent préoccupants :

  • l'emploi de la DHEA s'accompagne d'une diminution du « bon cholestérol » et est donc susceptible d'accroître le risque de maladie cardiovasculaire ;
  • de plus, en tant qu'hormone, elle peut favoriser ou aggraver les cancers hormono-dépendants. De tels risques sont probablement plus importants si la dose et la durée du traitement augmentent.

L'AFSSAPS considère donc que la DHEA doit être assujettie à la réglementation du médicament et les professionnels de santé, comme le grand public, doivent en être avertis. De plus, étant donné le contexte frénétique actuel qui entoure l'emploi de cette « pilule de jouvence », l'AFSSAPS a tenu à souligner haut et fort les quelques points suivants :

  • la consommation de DHEA peut accroître le développement de cancers hormono-dépendants : cancers du sein, de l'utérus, de la prostate ;
  • en rapport avec une baisse du « bon cholestérol », la DHEA est susceptible d'augmenter le risque cardiovasculaire. Celui-ci doit être pris en considération, surtout en cas de prise au long cours ;
  • afin d'éviter un surdosage en œstrogène, les femmes ménopausées ne doivent jamais coupler un Traitement Hormonal Substitutif (THS) avec de la DHEA. Par ailleurs, les bénéfices du THS étant démontrés, il ne doit jamais être abandonné au profit de la DHEA, dont les effets sont incertains ;
  • chez l'homme âgé, l'absence d'effet de la DHEA peut être due au maintien d'une sécrétion testiculaire de testostérone. Ainsi attention, il existe un risque éventuel supplémentaire de développer un cancer de la prostate.

Quel que soit l'âge et le sexe, la prise de DHEA est donc fortement déconseillée en dehors des essais thérapeutiques ou de situations cliniques très particulières ; elle nécessite alors une prescription et une surveillance médicale rapprochée, avec notamment un dosage du taux de DHEA au préalable.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 23 Juillet 2001 : 02h00
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