Le cancer du sein : l’optimisme diminue les effets indésirables de l’hormonothérapie

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 25 Août 2016 : 14h46
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 14h46
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Après un cancer du sein, une hormonothérapie est classiquement prescrite dans le but de prévenir les récidives. Or ces traitements sont bien connus pour être associés à de potentiels effets indésirables, lesquels sont redoutés par les femmes. Des chercheurs indiquent aujourd’hui que cette simple crainte constitue un facteur de risque d’échec du traitement.

De l’état psychologique du malade dépendent les effets indésirables de l’hormonothérapie

Cette étude a consisté à suivre 111 femmes ayant été atteintes d’un cancer du sein et débutant un traitement par hormonothérapie (tamoxifène, anti-aromatases). Durant deux ans, l’état psychologique dans lequel se trouvent ces femmes a été renseigné, ainsi que la survenue d’éventuels effets secondaires, directement liés au traitement ou non (prise de poids, bouffées de chaleur, vertiges, douleurs articulaires, dépression, etc.). Initialement, 29% des sujets ont déclaré redouter les effets secondaires de l’hormonothérapie et craindre une altération de leur qualité de vie. À l’opposé, 8% ne partageaient aucune de ces appréhensions, tandis que 63% s’attendaient à seulement des effets modérés.

Dès 3 mois puis sur le long terme, ce sont les femmes ayant l’affect le plus négatif qui ont ressenti le plus de symptômes indésirables liés à leur traitement (9 effets secondaires contre 3 parmi les femmes plus sereines). Ce sont ces mêmes femmes qui ont le moins bien adhéré à leur traitement (prises irrégulières, voire abandon).

Renforcer la confiance pour diminuer les effets secondaires de l’hormonothérapie

Actuellement, sur les 70% de femmes qui suivent une hormonothérapie après le cancer du sein, la moitié l’écourte en raison des effets secondaires pouvant fortement affecter leur qualité de vie en cette période délicate de l’après cancer, de reconstruction et de reprise des relations sociales et professionnelles. Cette étude ayant clairement démontré l’influence des craintes générées à l’encontre de l’hormonothérapie sur le résultat à long terme, il semble opportun de renforcer l’approche psychologique afin de rassurer et d’anticiper les craintes au moment de l’initiation du traitement. Des séances avec un psychologue sont l’occasion de rappeler les objectifs du traitement et les différentes solutions disponibles pour prévenir et atténuer les effets indésirables. Ces thèmes sont également à aborder aussi souvent que nécessaire avec son médecin traitant et l’équipe soignante.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 25 Août 2016 : 14h46
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 14h46
Source : Nestoriuc Y. et al., Is it best to expect the worst? Influence of patients' side-effect expectations on endocrine treatment outcome in a 2-year prospective clinical cohort study, Annals of Oncology, August 22, 2016, doi: 10.1093/annonc/mdw266, http://annonc.oxfordjournals.org/content/early/2016/08/02/annonc.mdw266.
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