Les bêtabloquants pour protéger le coeur de l'adrénaline

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 03 Décembre 2003 : 01h00
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Médicaments clés de la cardiologie, les bêtabloquants inhibent les effets du stress sur le coeur. Après un infarctus, ils protègent des récidives.

Après un infarctus du myocarde, il est important de baisser le travail que le coeur va avoir à fournir au quotidien, de manière à ne pas l'exposer à la rechute. D'où l'intérêt des bêtabloquants qui ont pour propriété d'abaisser la fréquence cardiaque, composante clé du travail cardiaque.

Une protection constante du coeur

Comme leur nom l'indique, le mécanisme d'action de ces médicaments est le blocage, ce qu'ils font en empêchant l'effet de l'adrénaline, hormone que nous sécrétons en situation de stress et qui augmente notre fréquence cardiaque et notre tension artérielle. Cette hormone sécrétée par les glandes surrénales (ad renal en anglais, d'où adrénaline) se fixe sur des récepteurs du coeur et des artères : les récepteurs bêta adrénergiques. C'est à leur niveau que les bêtabloquants agissent.Les effets bénéfiques qui en résultent sont outre la baisse de la fréquence cardiaque, la diminution de la pression artérielle et une moindre excitabilité du coeur, lequel est alors peu exposé à certains troubles du rythme comme les extrasystoles. La combinaison de ces trois effets confère aux bêtabloquants une grande aptitude à protéger le coeur de manière constante. Cela se traduit concrètement par une diminution importante de la mortalité en post infarctus et par une augmentation de la durée de vie en cas d'insuffisance cardiaque.

Quelques effets secondaires bien connus

Du fait de leurs propriétés, les bêtabloquants présentent quelques effets secondaires qui doivent être connus pour initier le traitement ou le suivre :

  • trouble de la conduction cardiaque quand le rythme devient trop lent (ce qui les contre-indique dans certains troubles du rythme comme les blocs auriculo-ventriculaires),
  • bronchoconstriction et risque de crise chez les patients asthmatiques,
  • vasoconstriction des artères périphériques, ce qui au niveau des jambes les contre-indique chez les artéritiques et au niveau de la verge peut entraîner des troubles de l'érection.

En pratique, votre médecin va éliminer les contre-indications avant d'initier le traitement et s'assurer qu'il sera bien adapté à votre cas. Restent les éventuels troubles de l'érection qu'il ne faut pas hésiter à citer à votre médecin. Si ceux-ci viennent à perturber votre sexualité, il faudra trouver d'autres traitements plus adaptés.

Guide: 

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 03 Décembre 2003 : 01h00
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