Autisme : l'école et le diagnostic précoce sont la priorité

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Vendredi 06 Avril 2018 : 12h58

En déplacement au CHU de Rouen (Eure), Emmanuel Macron a annoncé les grandes orientations pour améliorer la prise en charge de l'autisme en France. Il a fixé deux priorités : scolariser plus d'enfants autistes et diagnostiquer plus tôt ce trouble envahissant du développement.

© AFP

Repérer, soigner, scolariser. On peut résumer de cette manière le plan autisme, annoncé ce 5 avril par Emmanuel Macron. Avec une enveloppe de 344 millions d'euros, le président espère améliorer la prise en charge de ce trouble envahissant du développement. En déplacement au CHU de Rouen (Eure), il a fixé les principaux axes d'amélioration.

Axe n°1 : l'école

On estime à 8 000 le nombre de naissances d'enfants autistes  en France. Mais au moment d'entrer à l'école, ils ne bénéficient pas des mêmes chances que leurs compatriotes. Seuls 30 % de ces jeunes sont scolarisés deux jours par semaine, ou moins.

L'objectif du gouvernement est de parvenir à 100 % d'enfants inscrits à l'école d'ici 2021 et pour cela, il alloue une enveloppe de 103 millions d'euros. Elle servira à tripler le nombre d'unités d'enseignement en maternelle, pour atteindre 2 100 places.

Ce budget devra aussi permettre de développer les postes d'enseignant.e.s spécialisé.e.s dans l'autisme, y compris dans l'enseignement secondaire. Car Emmanuel Macron souhaite aussi renforcer le taux de scolarisation en primaire – actuellement de 40 % - et en collège/lycée.

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Axe n°2 : le diagnostic

Actuellement, 45 % des cas d'autisme sont diagnostiqués entre 6 et 16 ans. C'est beaucoup trop tard. En effet, une intervention précoce permet de limiter le handicap des enfants et d'améliorer sa qualité de vie.

Pour améliorer le repérage des cas d'autisme, le président ouvre un budget de 106 millions d'euros. Il sera dédié au remboursement des consultations d'ergothérapie et de psychomotricité. Les parents y recourent souvent avant le diagnostic, ce qui coûte cher.

Mais le diagnostic lui-même doit être posé plus tôt. C'est pourquoi, au cours des examens médicaux obligatoires à 9 et 24 mois, les médecins devront effectuer des vérifications de base, mais aussi informer les parents sur les troubles du spectre autistique.

Axe n°3 : la prise en charge des adultes

Ce plan a donc pour but d'améliorer le suivi des jeunes autistes. Mais concernant les adultes, les dégâts sont déjà causés. Environ 600 000 Françaises et Français majeurs souffriraient d'un trouble du spectre autistique. Mais seulement 75 000 d'entre eux ont reçu le diagnostic.

Le problème, c'est que les places dédiées sont trop peu nombreuses. La majorité des adultes autistes sont donc placés en hôpitaux psychiatriques, pour des séjours de longue durée. Une injustice qui doit être réparée, aux yeux du gouvernement.

Avec un budget de 115 millions d'euros, les places en structures adaptées devraient être augmentées. Cette enveloppe doit aussi permettre d'améliorer le diagnostic en établissements de santé (hôpitaux, cliniques, etc) et en structures médico-sociales. L'accès aux logements accompagnés doit aussi être amélioré.

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Vendredi 06 Avril 2018 : 12h58
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