Anticoagulants : bonnes pratiques contre l'hémorragie

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 24 Mars 2004 : 01h00
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Près de 60.000 Français sont sous anticoagulants. Ces médicaments ne sont pas dénués d'effets secondaires et comportent notamment un risque d'accident hémorragique. Afin d'assurer la sécurité de ces traitements, certaines informations doivent être portées à la connaissances des patients.

Pour que les patients puissent bénéficier en toute sécurité d'un traitement par des anticoagulants anti-vitamine K, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) relance une campagne d'information sur le bon usage de ces traitements (la précédente ayant eu lieu en 2000).

Depuis plus de 40 ans de prescription, les anticoagulants anti-vitamine K restent des molécules de choix dans la prise en charge des thromboses artérielles et veineuses. Malheureusement, ils sont responsables de nombreux effets indésirables, comme l'accident hémorragique. Pourtant, ces effets secondaires sont très souvent évitables, notamment en respectant les bonnes pratiques d'emploi.

En 2003, deux études ont été menées auprès des biologistes et des pharmaciens d'officine pour évaluer la prescription et la surveillance du traitement par anti-vitamine K. Certaines de leurs conclusions méritent d'être mentionnées :

  • 80% des patients se déclarent informés des risques du traitement, mais plus de la moitié ne connaissent pas les signes annonciateurs d'un surdosage : INR supérieur à 5, saignement mineur ou signes indirects d'hémorragie interne,
  • plus de 40% des patients ignorent qu'ils doivent signaler leur traitement anticoagulant au pharmacien et plus de 58% au biologiste,
  • plus de 54% des patients ne savent pas que l'association du traitement anticoagulant avec des anti-inflammatoires (AINS) est déconseillée,
  • le délai moyen entre deux INR en phase d'équilibration est passé de 5 à 6 jours alors que le délai recommandé est de 2 à 4 jours. Un quart des patients en phase d'équilibre de traitement ne bénéficient pas d'une mesure d'INR au moins une fois par mois.

Il ne semble donc pas inutile de rappeler les quatre points suivants :

  • 1. l'INR est le seul test biologique de surveillance : l'adaptation des doses s'effectue en contrôlant l'INR tous les 2 à 4 jours jusqu'à stabilisation sur 2 contrôles successifs. Quand l'INR cible est atteint et stabilisé, un contrôle doit être fait au moins une fois par mois ;
  • 2. les interactions médicamenteuses sont des facteurs de risques hémorragiques majeurs. Si un 2e médicament doit être prescrit, il est indispensable de contrôler l'INR 3 à 4 jours après toute modification, mise en route ou arrêt d'un traitement associé.
  • 3. Toute prise d'aspirine et d'AINS, y compris les inhibiteurs sélectifs de la COX-2, doit être évitée.

Un carnet de surveillance

Pour faciliter la prise en charge des patients traités par anticoagulants, l'AFSSAPS vient d'élaborer un carnet d'information et de suivi destiné aux patients. Vous pouvez vous le procurer auprès de votre médecin ou sur le site de l'AFSSAPS : http://afssaps.sante.fr/htm/10/filltrpsc/indltrps.htm.

Pour en savoir plus sur les traitements anti-vitamine K, l'AFSSAPS a mis à disposition sur son site une série de 16 questions/réponses destinées aux patients.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 24 Mars 2004 : 01h00
Source : Communiqué de l'AFSSAPS, " Le bon usage des traitements anticoagulants par anti-vitamines K (AVK) ", 8 janvier 2004, www.afssaps.sante.fr.
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