L'alcool, une drogue qui veut s'ignorer !

Publié par INPES le Mardi 29 Octobre 2002 : 01h00
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Décidément, il est bien difficile dans un pays à forte tradition viticole d'admettre que l'alcool, au même titre que des produits illicites, mais au même titre qu'un produit licite comme le tabac, puisse être classé parmi les drogues. Pourtant, où classer un produit qui agit, entre autres, sur le cerveau et est susceptible de créer une dépendance si ce n'est dans la catégorie des drogues ?

Ce débat qui semblait clos a ressurgi durant l'été quand la Fédération nationale des boissons et l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) ont fait distribuer 3 millions de « sous-bocks » portant le slogan « L'alcool, c'est pas la drogue. On n'est pas des dealers ». Pendant que 30.000 cafés étaient copieusement arrosés en dessous de verre cartonnés portant cette mention, les députés recevaient de la part des instances précitées un courrier dans lequel elles déclaraient s'opposer à l'assimilation de l'alcool à la drogue : « Elle a suffisamment dégradé notre image. Les 50.000 cafetiers vendent un produit licite, taxé par l'Etat, dont l'usage modéré n'a jamais tué personne. Nous ne servons pas les mineurs et les gens en état d'ivresse. Alors que la drogue est néfaste, détruit l'organisme des jeunes à une vitesse qui leur laisse peu d'espoir » déclare Jean Biron, vice-président de l'UMIH, cité sur le site du journal Libération.

Les viticulteurs aussi sont montés au créneau, notamment par l'intermédiaire de l'association Vin et Société qui regroupe un certain nombre d'entre eux ainsi que des négociants. Sujet de la discorde : la campagne publicitaire réalisée durant l'été par la Sécurité routière. Sur près de 8.000 panneaux, on pouvait lire le slogan « Dès 0,5g/l, l'alcool réduit votre champ de vision ». Rien de très choquant mais là où le bât blesse, c'est quand le fond de l'image montre l'étiquette d'une bouteille de vin occultant une partie du pare-brise !

Décidément, il est bien difficile de faire de la prévention dans ce pays où on oublie trop facilement que l'alcool est directement responsable de plus de 45.000 décès prématurés par an et que dans plus de 30% des accidents mortels, l'un des conducteurs a une alcoolémie supérieure au seuil légal de 0,5g/l. Comme s'il fallait être ivre ou alcoolique chronique pour être une victime de l'alcool…

En France, 3 millions de personnes seraient en difficulté avec l'alcool.

Publié par INPES le Mardi 29 Octobre 2002 : 01h00
Source : " Le lobby de l'alcool en pétard ", Mathieu Ecoiffier, Liberation 9 août 2002. INPES, Alcool Actualités n°9, septembre-Octobre 2002.
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