Le laser, l’arme absolue contre les verrues résistantes ?

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Lorsque la cryothérapie à l’azote liquide contre les verrues s’avère inefficace, il faut passer au niveau supérieur : le laser CO2. Mais en 2017, le laser est-il la panacée du traitement dans les verrues récalcitrantes ?

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Un quart des verrues sont résistantes

Les verrues sont des excroissances de peau, bénignes, provoquées par des virus : les papillomes viraux (HPV). Différents virus sont impliqués, hébergés par la grande majorité de la population. Ils sont à l’origine de lésions cutanées d’aspect et de localisation variables. On distingue les verrues vulgaires, plantaires et planes. Certains, pour des raisons encore inconnues ou du fait d’une immunité parfois un peu faible, vont développer des verrues. Celles-ci disparaissent souvent spontanément après quelques mois. D’autres partent grâce aux techniques de destruction du tissu qui renferme le virus. Ce peut être la brûlure par le froid ou cryothérapie, qui provoque une nécrose de l’épiderme au moyen de l’azote liquide. L’objectif est identique avec le traitement par acide trichloracétique ou même la pose quotidienne de verrucides sous pansement occlusif, vendus en pharmacie. Ces produits qui détruisent la couche cornée (kératolytiques) sont des préparations à base d’acide salicylique associé ou non aux acides lactique et trichloracétique.

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Malheureusement, environ un quart des verrues sont récalcitrantes, soit parce qu’elles sont enfouies profondément sur plusieurs millimètres au sein d’une partie de l’épiderme qui s’est enfoncée jusqu’au derme, soit parce qu’elles sont en relief, d’épaisseur de quelques millimètres.

Verrues récalcitrantes : faut-il se résigner ?

Certaines personnes doivent cohabiter pendant des années avec une verrue, le plus souvent au niveau des pieds ou des mains. Malgré des séances répétées de brûlure à l’azote chez le dermatologue -le traitement de première intention- la verrue s’accroche, parfois disgracieuse et douloureuse.

Avant de penser au laser, il faut être conscient qu’aucun traitement ne permet l’éradication du virus, qui reste dormant dans l’organisme et se poser une question : n’y a-t-il pas d’autres traitements à tenter qui peuvent être efficaces sans être aussi agressifs que le laser, tels l’azote liquide en applications légères lors de séances rapprochées ou même les verrucides ?

Dr Jean-Michel Mazer, dermatologue et président du « Groupe Laser » de la Société Française de Dermatologie : « Tous les traitements se résument à détruire, par différents moyens, les lésions visibles, et tous affichent une efficacité comparable, supérieure à 75%. Les récidives sont possibles avec tous les traitements. Le risque est aussi élevé quel que soit la technique. Il s’agit toujours d’un compromis : détruire la verrue suffisamment profondément, mais sans risquer de laisser des cicatrices. L’objectif de tous les traitements est la destruction de 100% des virus présents dans la lésion ; en effet, détruire 95% des virus expose à une récidive à partir des 5% restants. En cas d’échec malgré des traitements répétés, lorsque la verrue est discrète et indolore, il faut se poser la question de la laisser tranquille et se borner à limiter son développement avec des verrucides au quotidien, ou en cures, voire les sprays ayant un effet similaire à l’azote liquide vendus en pharmacie (gaz cryogéniques). Le risque de contamination de l’entourage est finalement faible, de même que le risque d’extension. Alors qu’au contraire, s’acharner peut parfois décourager le patient, souvent un enfant, voire disséminer la verrue aux alentours ou sur les berges du premier foyer ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Mai 2017 : 17h48
Mis à jour le Mardi 23 Mai 2017 : 17h49
Source : D’après un entretien avec le Dr Jean-Michel Mazer, dermatologue et président du «  Groupe Laser » de la Société Française de Dermatologie.
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