Après la pilule, le patch : à qui le tour ?

Le patch contraceptif Evra® présentant une légère augmentation du risque de thrombose veineuse, l’Agence française du médicament estime qu’il doit s’agir d’un choix de seconde intention. Tout ce tapage médiatique autour de la contraception risque pourtant de causer des dégâts bien plus graves : l’augmentation de grossesses non désirées dans les mois à venir …

Publicité

Un risque équivalent aux pilules de 3ème ou de 4ème génération

Le patch contraceptif Evra® double les risques d’accidents thrombotiques, comparativement aux pilules de 1ère ou de 2ème génération.

Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que ce patch contient de la norelgestromine, un composé issu du norgestimate, un progestatif de 3ème génération.

Pour autant, chez les femmes sans risque cardiovasculaire particulier, même doublé, ce risque reste extrêmement faible.

Aussi, plutôt que d’inquiéter toutes les femmes sous contraception, sans doute serait-il plus licite de mieux dépister les femmes qui ont un risque cardiovasculaire sans le savoir, notamment parce qu’elles se sont mises à fumer depuis ou parce qu’elles ont un trouble de la coagulation d’origine génétique ou une hypercholestérolémie familiale…

Gynécologues au bord de la crise de nerf !

L’arrêt du remboursement des pilules de 3ème et 4ème génération à compter du 31 mars et l’interdiction de Diane 35 et de ses génériques, prive clairement un certain nombre de femmes, sans risque cardiovasculaire particulier et qui ne supportaient pas bien les pilules de 1ère et de 2ème génération, d’une alternative qui leur convenait à elles.

Publicité
Publicité

Certaines voix s’élèvent donc parmi les gynécologues et les dermatologues (également concernés par ces prescriptions dans le cadre de l’acné) pour dénoncer des décisions précipitées et peut-être désastreuses.

En effet, il semble qu’un grand nombre de jeunes filles et de femmes aient arrêté brutalement leur pilule pour se tourner vers des méthodes dites naturelles dont on connaît, études à l’appui, le manque d’efficacité.

Or le premier risque en cas de rapports sexuels sans aucune contraception, c’est bien sûr la grossesse non désirée… encore plus pourvoyeuse d’accidents thromboemboliques !

C’est pourquoi généralistes et gynécologues demandent aux femmes de ne pas céder à la panique et de revoir leur médecin prescripteur pour faire le point sur leur situation personnelle : la très grande majorité d’entre elles n’ayant pas de facteur de risque cardiovasculaire, il faut savoir raison garder.

Publié par Nathalie Szapiro, journaliste santé le Vendredi 01 Mars 2013 : 10h26
Mis à jour le Lundi 04 Mars 2013 : 08h50
Source : Agence nationale de sécurité du médicament, février 2013.
PUB
PUB