Alzheimer, maladie d'Alzheimer

Nous ne savons pas encore guérir la maladie d’Alzheimer.En revanche, grâce à une prise en charge adaptée initiée suffisamment tôt, il est possible d’assurer une meilleure qualité de vie au patient et à son entourage. L’objectif est de freiner l’évolution de la maladie d’Alzheimer afin de retarder l’entrée en établissement spécialisé.

[node:title] : Comprendre

Au cours du vieillissement, le cerveau perd un peu de sa capacité à emmagasiner de nouvelles informations. Ce n'est pas forcément un signe de la maladie d'Alzheimer. Ainsi, il est normal qu'une personne âgée ait de temps à autre des oublis sans conséquence, comme par exemple ne plus se souvenir du nom des gens qu'elle vient de rencontrer ou omettre d'acheter certains produits chez l'épicier.

Cependant, si ces pertes de mémoire s'aggravent graduellement et que d'autres fonctions cognitives (le langage, l'écriture, l'orientation, le savoir-faire, le jugement et le raisonnement) sont atteintes au point de perturber la vie quotidienne et de diminuer l'autonomie, on parle alors de maladie neurodégénérative ou de démence. Il s'agit en fait de la mort progressive de certaines cellules du cerveau. Parallèlement, la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer garde une excellente mémoire des événements anciens qui ont jalonné sa vie.

La maladie d'Alzheimer est la démence la plus connue et la plus répandue.

Elle touche quelque 860.000 personnes en France. Elle survient rarement avant la soixantaine, âge à partir duquel la fréquence de cette maladie augmente fortement pour atteindre 15 % au-delà de 80 ans. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes. En raison du vieillissement de la population, les cas augmentent : on s'attend à 1,3 million de personnes touchées d'ici 2020.

La maladie d'Alzheimer se manifeste ainsi :

  • perte de la mémoire à court terme (perte des souvenirs immédiats) ;
  • graduellement, ces pertes gagnent en fréquence et en gravité (par exemple, oublier le nom de ses proches) ;
  • difficultés à effectuer les tâches familières (ne plus savoir cuisiner, faire la lessive, bricoler, etc.) ;
  • désorientation dans l'espace et dans le temps (s'égarer dans son quartier, ne plus savoir comment rentrer chez soi par exemple) ;
  • jugement affaibli (ne pas se rendre compte de la gravité des symptômes, se vêtir de façon inappropriée, comme par exemple, enfiler un manteau d'hiver en plein été, etc.) ;
  • difficultés face aux notions abstraites (oublier la notion des chiffres, la signification des anniversaires, etc.) ;
  • objets égarés (ranger les objets dans des endroits saugrenus : le fer à repasser dans le congélateur, le linge sale dans les tiroirs de la cuisine, etc.) ;
  • changements d'humeur ou de comportement (passer très rapidement du calme aux pleurs et à la colère sans raison apparente, etc.) ;
  • changement de personnalité (changer totalement de caractère, avoir des comportements difficiles) ;
  • manque d'enthousiasme (devenir apathique, renfermé, ne pas reprendre goût à la vie).

[node:title] : Causes

Les scientifiques ont montré que les cellules fabriquant l'acétylcholine (un neurotransmetteur ou messager permettant la communication entre les neurones ) "mouraient" en nombre grandissant avec la progression de la maladie. Or sans acétylcholine, la communication entre les cellules devient impossible, ce qui explique la perte des fonctions cognitives.

Dans certains cas, il semble que des gènes héréditairement défectueux puissent être responsables de cette disparition progressive et prématurée.

[node:title] : Conseils pratiques

  • Contre la maladie d’Alzheimer, faites marcher votre cerveau.

    Toute activité intellectuelle retarderait l’apparition des démences : mots-croisés, scrabble, sudoku, et toute sorte d’apprentissage (musée, formation…).

    Développez ou entretenez également les activités sociales et de loisirs.

  • Pour prévenir la maladie d’Alzheimer, faites de l'exercice physique !

    Par ailleurs, certaines recherches indiquent que l'activité physique a des effets bénéfiques chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

    Pratiquez une activité que vous aimez (une simple marche c’est déjà ça) au moins trois fois par semaine, à raison de 30 minutes chaque fois.

  • Adoptez une alimentation saine, suffisante et riche en antioxydants, lesquels sont connus pour prévenir le vieillissement.Augmentez la part des fruits et des légumes et privilégiez le poisson.
  • Limitez votre consommation d'alcool

    Maximum 1 à 2 verres par jour, jamais plus de 3 verres par occasion.

  • Ne fumez pas.
  • Traitez l'hypertension.
  • Traitez l’excès de cholestérol.
  • Traitez le diabète.

SI VOUS ETES UN PROCHE D'UN MALADE ALZHEIMER

  • De manière générale, demeurez attentif au comportement des personnes âgées qui vous entourent. Habituellement, une personne âgée présentant des pertes de mémoire anormales ne s'en aperçoit pas. Emmenez-la consulter un médecin et n'hésitez pas à l'accompagner lors de ses déplacements et de ses activités.
  • Cherchez de l'aide. Vivre avec une personne qui souffre de la maladie d'Alzheimer est très difficile, d'autant plus que les symptômes vont en s'aggravant. Elle devra éventuellement être "placée" dans un centre spécialisé. Ne vous isolez pas en cherchant à tout faire vous-même. En outre, n'hésitez pas à contacter l'association Alzheimer de votre région. Vous y recevrez conseils et soutien.
  • Prenez des dispositions légales. Tout le monde devrait prendre des dispositions en cas d'une éventuelle inaptitude. Pour cela, il faut remplir un mandat d'inaptitude retiré dans les cabinets d'avocats et de notaires. Cette démarche consiste à déléguer, à une personne choisie, la responsabilité de protéger et de gérer ses biens ou sa personne au cas où, pour une raison ou pour une autre, on devient incapable de le faire.
  • Demandez l'assistance de la curatelle.

[node:title] : Quand consulter ?

  • Les pertes de mémoire sont devenues anormales.
  • Vous remarquez un changement dans les capacités de fonctionnement de la personne.

[node:title] : Examens

Avant de suspecter une maladie neurodégénérative ou maladie d'Alzheimer, le médecin vérifie la médication, avec ou sans prescription, et écarte toute possibilité de trouble physique ou mental qui affecte les fonctions intellectuelles.

Face à des troubles cognitifs, notamment des troubles de la mémoire, le médecin généraliste entreprend un examen clinique, il évalue le degré de vigilance, identifie une éventuelle confusion mentale, apprécie l’état général et cardiovasculaire, et recherche d’éventuels déficits sensoriels ou moteurs. De préférence, un proche accompagne la personne qui consulte et peut fournir de précieuses informations au médecin.

Ensuite, le médecin traitant adresse le patient à un spécialiste ou à une équipe spécialisée (neurologue, gériatre, psychiatre, équipe d’une consultation mémoire hospitalière ou libérale), qui établira le diagnostic à l’aide de tests standardisés et d’examens paracliniques.

[node:title] : Traitement

La maladie d'Alzheimer ne peut pas, à proprement parler, être guérie.

On peut toutefois tenter d'en ralentir l'évolution. Pour ce faire, les médecins disposent notamment de médicaments préservant la survie des cellules qui fabriquent l'acétylcholine : des inhibiteurs de la cholinestérase. Ces médicaments diminuent les symptômes et permettent à la personne, malade Alzheimer, de mener une vie plus normale.

Les recherches pharmaceutiques sont très actives dans le domaine des maladies dégénératives neurologiques et de nouveaux traitements médicamenteux seront disponibles d'ici quelques années.

Parallèlement à ce traitement, des interventions non médicamenteuses sont mises en place, impliquant de nombreux professionnels de santé formés à la maladie d’Alzheimer, divers services et structures : ergothérapeutes, psychologues ou psychiatres, orthophonistes, psychométriciens, kinésithérapeutes, soins médicaux, aide à domicile, aménagement du domicile, stimulation cognitive, interventions comportementales (musicothérapie, massages, luminothérapie), mesures d’urgence (conduite automobile, protection juridique)…

La prise en charge de la maladie d’Alzheimer est donc multidisciplinaire.

Le généraliste est le pivot de cette prise en charge pour assurer le suivi annuel du patient en lien avec le spécialiste.

Pour trouver une structure de diagnostic, de coordination et d’accueil spécialisée dans la maladie d’Alzheimer : http://www.plan-alzheimer.gouv.fr/-les-acteurs-du-plan-alzheimer-pres-.html.

Guide: 

Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001. Inserm, Alzheimer, avril 2009, http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/alzheimer. HAS, Maladie d’Alzheimer : du diagnostic à la prise en charge, Actualités & Pratiques n°46, février 2013, http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1341540/fr/maladie-dalzheimer-du-diagnostic-a-la-prise-en-charge. Ministère de la Santé, http://www.plan-alzheimer.gouv.fr/.