6 idées reçues sur la ménopause

Etape incontournable de la vie des femmes, la ménopause est parfois méconnue par ces dernières. Ceci entraîne l’apparition de plusieurs idées reçues à son sujet. Le docteur Brigitte Letombe, gynécologue, a éclairci pour E-Santé certains points.
6 idees recues sur la menopause

La ménopause se caractérise par l’arrêt du fonctionnement ovarien et donc de la production d’œstrogènes.

La ménopause survient généralement entre 45 et 55 ans. Elle peut entraîner divers symptômes parmi lesquels on retrouve :

  • des bouffées de chaleur,
  • des sueurs nocturnes,
  • une sécheresse vulvovaginale,
  • des troubles urinaires,
  • des maux de tête, une fatigue, des insomnies, une irritabilité, de l'anxiété,
  • des douleurs articulaires.

Chacun de ces désagréments peuvent être ressentis plus ou moins selon chaque femme.

Ménopause : les femmes ne sont pas assez informées

Certaines femmes peuvent ne pas bien vivre leur ménopause du fait de ces symptômes désagréables. Mais aussi, les femmes n’y sont pas assez sensibilisées.

Une étude récente menée par Essity a montré que 44 % des femmes se disent insuffisamment informées au sujet de la ménopause. « Ce manque d’information et de pédagogie se matérialise par une méconnaissance des multiples symptômes liés à la ménopause. Alors qu’il en existe au total une soixantaine, 80% des femmes interrogées pensent n’avoir connu qu’entre 1 et 6 symptômes » indique l’étude.

Afin d’apporter des informations supplémentaires aux femmes, le docteur Brigitte Letombe, gynécologue, a détaillé 6 idées reçues autour de la ménopause.

« La ménopause fait baisser la libido »

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6 idées reçues sur la ménopause

La ménopause est une crise de la cinquantaine qui intervient sur le plan de la féminité, il peut donc y avoir une répercussion sur la libido.

Il s’agit d’une tranche de vie où il se passe beaucoup de choses. Celle-ci peut ne pas être bien vécue. Il y a une perte de la fertilité, de la cyclicité, de tout ce qu’a vécu la femme depuis l’âge de 12 ans.

C’est aussi une période pendant laquelle la femme commence à sentir qu’elle vieillit.

Il s’agit également d’une période pendant laquelle certaines femmes sont davantage dépressives. On note davantage de dépression en péri-ménopause chez les femmes fragiles.

De plus, pour la société, la ménopause est l’entrée dans le vieillissement. Au niveau sociétal, lorsqu’une femme perd sa fertilité, elle n’est plus considérée comme une femme. Pourtant, la féminité et la fertilité n’ont rien à voir.

Le regard que porte le partenaire sur sa femme qui a des bouffées de chaleur ou une prise de poids a aussi un impact.

Et puis, il peut aussi y avoir la hypo-œstrogénie. Manquer d’œstrogènes va provoquer des bouffées de chaleur, des troubles au niveau vulvo-vaginal ou encore des douleurs articulaires.

Tout ceci intervient dans la baisse de libido à la ménopause.

« La ménopause est une maladie »

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6 idées reçues sur la ménopause

La ménopause n’est pas une maladie, c’est physiologique. Il s’agit de l’arrêt de sécrétion en œstrogènes. Ces œstrogènes sont particulièrement importants pour la bonne santé des tissus et organes féminins. En manquer va altérer la qualité de vie. Cela peut également avoir un impact sur les système cardiovasculaire, osseux et neurocognitif.

A partir de 55 ans, il n’est plus question d'avoir des enfants, c’est sans doute pour cela qu’il y a la ménopause. Plus on avance en âge, plus on risque de mourir en accouchant et de donner naissance à des enfants anormaux.  

« On ne peut pas traiter les symptômes de la ménopause »

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La plupart des symptômes de la ménopause sont en lien avec l’hypo-œstrogénie. Alors, il suffit de donner des œstrogènes aux femmes, aux doses adéquates. Certaines femmes ménopausées ont très peu de symptômes et n’auront pas besoin de traitement mais ce n’est pas le cas de toutes. 

Pour celles qui ont une symptomatologie et des risques cardiovasculaires ou osseux, on peut avoir recours à un traitement hormonal. Aujourd’hui, seules 6 % des femmes ont recours à ces traitements par méconnaissance de ceux-ci. En revanche, il faut commencer le traitement le plus tôt possible à l’arrivée de la ménopause pour avoir une balance bénéfices-risques, dans les 10 premières années, positive.

En France, nous avons la chance d’avoir des traitements composés des mêmes hormones que celles que sécrétaient les femmes avant la ménopause : l’œstradiol et de la progestérone. Ceci n’est pas le cas de tous les pays européens ou des Etats-Unis qui utilisent des œstrogènes équins et des progestatifs de synthèse.

« La ménopause, ce n’est pas avant 50 ans »

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6 idées reçues sur la ménopause

La moyenne d’âge de la ménopause est 51-52 ans. Mais certaines femmes sont ménopausées à 48 ans et d’autres à 57 ans.

Donc lorsqu’une femme a une absence de règles avant 50 ans, on n’est jamais certain de rien. En péri-ménopause, avant-même que les ovaires s’arrêtent totalement de fonctionner, on peut avoir des irrégularités dans le cycle.

Si après 50 ans il y a quelques symptômes et une absence de règles pendant une année, on peut dire que la ménopause est installée.

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« Avec la ménopause, on prend du poids »

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6 idées reçues sur la ménopause

La prise de poids a essentiellement lieu en péri-ménopause. La femme commence à prendre du poids dès 40-45 ans, ne serait-ce que du fait de l’âge.

Les hommes et les femmes, en vieillissant, ont un métabolisme qui change. Beaucoup de femmes en consultation ne comprennent pas leur prise de poids car elles n’ont rien changé dans leurs habitudes alimentaires. Mais justement, c’est parce qu’elles n’ont rien changé qu’elles ont pris du poids.

Pour faire les mêmes choses, on utilise moins de calories et il y a une fonte musculaire. Ceci montre l’importance de pratiquer une activité physique régulière, dès 45 ans. A cet âge, les femmes ont tendance à moins bouger et manger plus riche. C’est pour cela qu’elles prennent du poids.

Il est donc important d’être plus rigoureuse sur le régime alimentaire et l’activité physique.

« Après la ménopause, il n’est plus nécessaire d’avoir un suivi gynécologique »

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6 idées reçues sur la ménopause

Le pic des cancers gynécologiques et mammaires est entre 50 et 65 ans. Il est donc important de continuer à aller chez le gynécologue.

Un examen clinique annuel est conseillé avec une palpation mammaire, la pose d’un spéculum et un touché vaginal. C’est le minimum.

Ensuite, le dépistage cervical (frottis), s’il n’y a pas eu de pathologie cervicale auparavant, a lieu tous les 5 ans.  

La consultation en gynécologie est également le moment idéal pour vérifier le poids et s'assurer qu’il n’y a pas de facteurs de risque d’ostéoporose. On peut également être amené à réalliser un bilan métabolique pour dépister le diabète et l’hypercholestérolémie.

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Source : https://www.essity.fr/media/communiques-de-presse/essity-study-nearly-one-in-two-women-in-france/
https://www.inserm.fr/dossier/menopause/