Mort subite de l’adulte : une étude lancée à Paris pour mieux la comprendre

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Jeudi 05 Avril 2018 : 11h25

Des médecins français vont lancer une étude pour mieux comprendre les causes de la mort subite de l'adulte. Environ 5 % des cas restent inexpliqués.

© Istock

Chaque année, 60 000 personnes s'écroulent subitement, comme foudroyées, lors de tâches du quotidien. Des profils variés qu'un seul point commun rassemble : la mort subite de l'adulte. Loin d'être rare, elle reste mal comprise par le corps médical.

Environ 5 % des cas de mort subite touchant un.e adulte n'ont pas de cause identifiée, selon Le Parisien. Un nombre trop élevé qui a poussé une équipe de l'hôpital Bichat (Paris) à lancer une étude à ce sujet, en partenariat avec la Fondation Cœur & Recherche. Ces travaux devraient approfondir les quelques pistes lancées par d'autres groupes de recherches.

Par exemple, des médecins de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ont montré, en janvier dernier, que 40 % des cardiomyopathies sont d'origine génétique, provoquant un épaississement du muscle cardiaque. Or, cette pathologie figure parmi les principaux responsables de mort subite de l'adulte.

Cette piste, le Pr Antoine Leenhardt veut la creuser. Selon nos confrères du Parisien, il prévoit d'introduire la protéine défaillante dans le génome de rats, et observer l'impact sur la survenue d'une mort subite.

Réduire le nombre de décès

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Ces travaux pourraient s'avérer précieux. Car à l'heure actuelle, aucun traitement ne permet de prévenir une mort subite. "Pour en réchapper, il faut un médecin dans la rue, un défibrillateur dans le métro, des coups de chance incroyables", souligne le cardiologue dans les colonnes du quotidien.

Des coups de chance qui restent trop rares. Moins de 3 % des victimes de mort subite survivent à l'incident. Cela pourrait être amélioré par une meilleure prise en charge en amont, mais aussi une meilleure disponibilité des défibrillateurs  automatiques externes.

A l'heure actuelle, certaines personnes à risque peuvent être équipées d'un défibrillateur automatique implantable, le fameux pacemaker. Il fera repartir le cœur en cas de troubles du rythme. Mais pour cela, encore faut-il repérer avec les premiers signes.

Et comme l'a souligné une étude menée par un médecin de Lyon (Rhône), repérer les patient.e.s à risque en amont reste difficile. Toutes les pathologies cardiaques ne peuvent pas être repérées. Par ailleurs, dans 152 autopsies sur nos 1 000 cas, aucune lésion n'a été identifiée", souligne l'auteur de ces travaux.

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