Maladie de Parkinson : les techniques de rééducation intensive

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 03 Avril 2017 : 11h01
Mis à jour le Lundi 03 Avril 2017 : 11h02
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Dans l’esprit du grand public, la maladie de Parkinson est une affection qui fait trembler, ralentit les mouvements, voute le dos… Cette image d’une personne grabataire est bien éloignée de la réalité : l’âge moyen au moment du diagnostic est de 58 ans, chez de jeunes seniors souvent actifs. D’où l’intérêt des techniques de rééducation intensive, surtout lorsqu’elles sont adaptées aux différentes disciplines -ergothérapie, orthophonie, kinésithérapie, stimulation cognitive - au sein d’un programme complet.

Un problème de « retour de son »

La maladie de Parkinson entraîne des difficultés à percevoir son corps et ses mouvements dans le temps et l’espace mais aussi à se situer par rapport à son environnement. Cela entraîne un problème de « retour de son » : au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, l’amplitude des gestes du malade diminue. Non seulement pour des raisons de dégradation biologique impliquant la dopamine au sein du système nerveux central, mais aussi parce que le mouvement que pense réaliser le malade ne correspond pas à la réalité, du fait de ce manque de « retour de son ». Petit à petit, celui-ci va réduire son amplitude de mouvement, mais aussi sa voix, sa posture. Sans s’en rendre compte.

Dr Denis Obert, médecin spécialisé en médecine physique et réadaptation et concepteur des programmes interdisciplinaires PARK « Programmes spécifiques de rééducation des personnes atteintes de la maladie de Parkinson adaptés au parcours de soins du patient » (Centre de réadaptation fonctionnelle et de soins Zander d’Aix les Bains) : « Peu à peu, le malade va se « déprogrammer », se « déconditionner » par rapport à ce qu’il serait capable de réaliser. Par exemple, pour attraper un objet en hauteur, il lui manquera 30° d’amplitude, puis 40°, puis 60°… alors même qu’il croit faire le bon geste pour l’atteindre. Processus identique avec la posture où les malades se penchent sur le côté sans s’en rendre compte mais aussi avec la voix (de plus en plus inaudible) ainsi que la notion de temporalité. La rééducation cherche à faire prendre conscience au malade de son corps dans le temps et dans l’espace ».

Une rééducation intensive avec des effets sur la durée

Les techniques de rééducation intensive (mouvement rapide de grande amplitude, voix projetées) améliorent les capacités du malade, mais quelques semaines après, c’est le retour à la case départ si le malade n’a pas su intégrer sa motricité en temps réel. C’est pourquoi l’objectif est que les parkinsoniens, à l’aide de systèmes de feed-back (retour d’information), comme des miroirs, des vidéos et un contrôle visuel, comprennent bien le type de mouvement qu’ils réalisent comparé à celui qu’ils pensent faire. Ils réajustent alors d’eux-mêmes leur mouvement.

Dr Denis Obert : « La rééducation comporte deux volets : activer le filtre sélectif dans le cerveau qui laisse moins bien passer le mouvement et la voix au moyen d’une rééducation intensive avec de l’engagement, de la force et de l’amplitude. Le complément est de travailler sur la modulation de cette amplitude : c’est la reprogrammation, complément à la rééducation intensive. Cette reprogrammation du calibrage, du réajustement, conduite de façon progressive permet d’en conserver les bénéfices sur la durée ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 03 Avril 2017 : 11h01
Mis à jour le Lundi 03 Avril 2017 : 11h02
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