Grossesse et cancer : un risque faible, mais en augmentation

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Mardi 02 Juillet 2013 : 16h59
Mis à jour le Lundi 08 Juillet 2013 : 12h03
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Un diagnostic de cancer pendant ou juste après la grossesse, c'est possible comme à n'importe quel autre moment. Mais la manière de vivre et de traiter la maladie est, bien entendu, très différente.

Cancer et grossesse : un événement rare

Commençons par rappeler que recevoir un diagnostic de cancer durant la grossesse est quelque chose de très rare. Cela arrive à entre 0,07 % et 0,1 % des femmes. Il s'agit essentiellement de cancers du sein, du col de l'utérus ou de cancers du sang (lymphomes, leucémies).

Cancer du sein et grossesse

Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes enceintes, il reste cependant un phénomène rare qui touche 1 à 3 femmes sur 10 000 avec une incidence qui augmente avec l'âge. Le cancer du sein pose des problèmes très particuliers pendant la grossesse. En effet, il est difficile à dépister parce que les seins se modifient déjà à cause de la grossesse. En pratique, la mammographie est possible durant la grossesse mais soumise à des précautions importantes. Les traitements sont également plus compliqués : en prévision de l’allaitement, pendant la grossesse de nouveaux vaisseaux sanguins se forment dans les seins rendant l'opération chirurgicale plus complexe pour les chirurgiens.

Un traitement particulier

Inutile de dire qu'un diagnostic de cancer entraîne un choc très important pour la femme enceinte, ainsi que pour ses proches. Pour les médecins aussi, les circonstances ne sont pas évidentes : il faut prendre des précautions très particulières, et tous les traitements ne sont pas possibles. En plus, comme les cas sont rares, il n'est pas facile de trouver des données scientifiques sur les effets des médicaments. Ce qui ne veut pas dire qu'en cas de cancer pendant la grossesse, la seule solution soit le renoncement.

Chimiothérapie : quels effets sur le foetus ?

Comme toutes les autres substances absorbées par la mère, les médicaments administrés pendant une chimiothérapie risquent de se retrouver dans le sang du bébé. Ce qui peut entraîner des problèmes divers qui vont d'un avortement à des malformations... Ou rien du tout. Le résultat dépendra du type exact de chimiothérapie, mais aussi du stade de la grossesse.

Que risque le bébé en cas de chimiothérapie pendant la grossesse ?

Dans les quinze premiers jours, voire le premier mois, c'est le tout ou rien : soit la grossesse s'arrête à cause de la chimio, soit le bébé n'a aucun risque. Pendant le reste du premier trimestre, la chimio entraîne un risque de malformations : 10 % si on n'utilise qu'une seule substance et 20 % si on en donne plusieurs. Aux second et troisième trimestres, un risque de malformations demeure, mais il est semblable à celui de la population générale (2 à 3%). On peut également avoir des effets secondaires de gravité variable (mort foetale, accouchement prématuré, retard de croissance) mais ne concernent qu'une minorité de femmes : entre 10 et 30 %.

Le long terme et les à-côtés

Pour ce qui concerne les traitements complémentaires de la chimiothérapie - qui servent à améliorer son efficacité ou à lutter contre les effets secondaires - les preuves scientifiques manquent. Le traitement doit être décidé au cas par cas. Sur le long terme, une étude a suivi des enfants exposés pendant la grossesse jusqu'à leur 29ème anniversaire. Aucune différence n'a été trouvée avec la population générale concernant le QI, la taille, les problèmes scolaires et autres. Le risque de cancer ou de problèmes de fertilité doit cependant toujours être évalué.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Mardi 02 Juillet 2013 : 16h59
Mis à jour le Lundi 08 Juillet 2013 : 12h03
Source : Centre de référence cancer et grossesse (http://www.cancer-et-grossesse.fr/).
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