Diabétiques, préservez vos yeux !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 24 Septembre 2015 : 11h34
Mis à jour le Jeudi 01 Octobre 2015 : 11h06
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Avec le rein et les nerfs, les yeux paient aussi un lourd tribut au diabète. En 2015, l’atteinte de l’œil et notamment de la rétine, appelée « rétinopathie diabétique », touche encore un tiers des diabétiques. Il suffit pourtant d’un examen annuel pour la dépister à temps et préserver ainsi sa vue.

Diabétiques : penser à la rétinopathie diabétique

Perdre la vue est la première crainte de la personne diabétique lorsque la maladie est diagnostiquée, et cela pour un patient sur deux, loin devant les complications cardiovasculaires et la mise en dialyse (1).

Aujourd’hui, 35% des patients diabétiques sont concernés par une rétinopathie diabétique. Cette complication oculaire spécifique du diabète est la première cause de cécité avant l’âge de 60 ans et un patient diabétique sur dix est malvoyant (acuité inférieure à 3/10ème du meilleur œil).

Elle est souvent dépistée trop tard, lorsque la baisse de l’acuité visuelle n’est plus réversible. Car si la rétinopathie diabétique n’est pas traitée à temps, elle peut être responsable d’une baisse visuelle handicapante liée soit à un œdème maculaire (la macula est une petite zone située au centre de la rétine et responsable de la vision précise) soit à une complication de la rétinopathie proliférante (hémorragie du vitré qui est la masse gélatineuse qui remplit l'intérieur de l’œil, décollement de la rétine ou glaucome néovasculaire).

Alors que les diabétiques de type 1 développent plus volontiers une rétinopathie sous sa forme ischémique, l’œdème maculaire semble plus fréquent chez ceux de type 2, bien que ces deux atteintes puissent coexister.

La rétinopathie diabétique, une maladie silencieuse

Tout le problème est là : la rétinopathie diabétique s’installe dans le plus grand silence jusqu’au jour où les complications apparaissent, quand elle n’est plus que partiellement réversible… La baisse visuelle est tardive et peut n'être précédée d'aucun symptôme ni douleur.

Note positive : les récents progrès thérapeutiques dans le diabète, un meilleur contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et de l’hypertension artérielle ainsi que les efforts du dépistage ont réduit la fréquence et la gravité de ces complications visuelles. Au point que dans le diabète de type 1, les jeunes patients chez lesquels le contrôle glycémique est satisfaisant ne devraient plus être confrontés dans les prochaines années à des complications oculaires graves.

Chez les diabétiques de type 2 dont le nombre ne cesse d’augmenter, la maladie est plus insidieuse avec souvent un retard au diagnostic. Ainsi, près de 20% présentent déjà une rétinopathie diabétique au moment de la découverte du diabète, imposant un examen ophtalmologique dès le diagnostic.

Dr Sylvie Feldman-Billard, diabétologue : « Dans tous les cas, le meilleur traitement reste préventif et repose sur un bon équilibre du diabète et de la pression artérielle, permettant de retarder la survenue de la rétinopathie diabétique et d'en ralentir la progression. »

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 24 Septembre 2015 : 11h34
Mis à jour le Jeudi 01 Octobre 2015 : 11h06
Source : (1) Diabetes Res Clin Pract 2014 ;105 :302-312
D’après un entretien avec le Dr Sylvie Feldman-Billard, diabétologue au Centre Hospitalier National d'Ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingts (Paris).
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