Chaussettes de contention : les runners victimes de la mode ?

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 25 Avril 2016 : 12h00
Mis à jour le Lundi 02 Mai 2016 : 16h23

Les manchons ou les chaussettes de contention voire les collants destinés aux sportifs se sont démocratisés ces dernières années au point qu’un runner sur deux en utiliserait, une estimation difficile à vérifier. Alors, les produits de contention, ou plus exactement de compression, chez le sportif, mode ou réelle utilité ? Deux spécialistes donnent leur avis. 

Tous les types de compression ne se ressemblent pas

La panoplie de la contention du sportif va des chaussettes de contention qui compriment la voute plantaire à celles qui montent jusqu’en dessous du genou, au manchon qui comprime de la cheville jusqu’en dessous du genou et même jusqu'au cuissard ou carrément le collant. Il existe des chaussettes de compression "dégressives" (la pression est plus importante au niveau du pied puis décroit en remontant vers le mollet). La compression "progressive" existe aussi.

Mais dans tous les cas, la contention "sportive" est moins puissante que la contention "médicale".

Certains sportifs de haut niveau en utilisent comme les footballeurs, mais le marché du running (8 millions de runners en France) constitue 90% du chiffre d’affaires de l’une des entreprises (française) phare du secteur. Des sociétés spécialisées (certaines dans la contention médicale) ont fortement investi en recherche et développement, suivies par les équipementiers classiques, pour se partager un marché du running estimé à 10 millions d’euros en France.

Quel impact sur la performance ?

Lorsque l’on regarde la littérature scientifique publiée en février 2016, « les études les plus sérieuses concluent à l’absence de tout impact de ces moyens de compression sur la performance sportive », analyse le Dr Jean-François Van Cleef, chef de service de médecine vasculaire de l'institut Arthur Vernes (Paris). Sur la même longueur d’onde, le Dr Alain Simon, ex-médecin du PSG,de l'Équipe de France de football et de l'INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance), ne conseille pas ces produits de compression dans une optique d’amélioration de ses performances.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 25 Avril 2016 : 12h00
Mis à jour le Lundi 02 Mai 2016 : 16h23
Source : D’après des entretiens avec les Drs Jean-François Van Cleef, médecin vasculaire, membre de la Société Française de Phlébologie et chef de service de médecine vasculaire de l'institut Arthur Vernes (Paris) et Alain Simon, ex-médecin du PSG, de l'Équipe de France de football et de l'INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance), actuellement médecin en Traumatologie du sport-médecine physique-expertises en réparation du dommage corporel (Espace Médical Vauban, Paris) 
A lire aussi
Crise d’épilepsie : l’activité sportive en toute quiétudePublié le 17/03/2016 - 11h19

Les sports collectifs, l’athlétisme, les sports de raquette etc. sont à pratiquer sans limite même lorsque l’on souffre d’épilepsie. Une réserve importante cependant pour les sports mécaniques, nautiques ou aériens : du fait d’un risque vital ou de blessure grave en cas de crise...

Plus d'articles