Cancer de la prostate : l’importance du dépistage avant les métastases

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 21 Novembre 2016 : 07h57
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h14
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Dans le cancer de la prostate, le dépistage individuel, au cas par cas, permet de découvrir des cancers avant un stade critique, c’est à dire avant qu’ils ne disséminent dans l’organisme au moyen de métastases.  L’Association Française d’Urologie propose sa vision du dépistage.

Cancer de la prostate : découvrir les tumeurs le plus tôt possible

Le dépistage précoce d’un cancer de la prostate permet d’éviter les diagnostics trop tardifs, lorsque les tumeurs sont déjà au stade métastatique. Selon des données américaines, entre 1990 et 2010, le taux d’incidence de cancer métastatique est passé de 70 cas pour 100 000 à 27/100 000 ; un nombre de cas divisé par 2,5 grâce au seul dépistage.

Une étude portant sur 36 pays va dans le même sens : ceux qui ne se servent pas de la mesure du taux d’un antigène appelé antigène Spécifique de la Prostate ou PSA sérique total pour dépister le cancer de la prostate ont un taux de cancer prostatique d’emblée métastatiques multiplié par cinq (1) et, de fait, des taux de mortalité par cancer prostatique bien plus importants.

Pr Lebret, chef du service d’urologie de l’hôpital Foch et Président de l’Association Française d’Urologie : « Ces dernières années, la découverte annuelle de cas de cancers de la prostate en France est stabilisée aux alentours de 60 000 cas, grâce à l’utilisation du PSA. Grâce à ce dosage, on diagnostique plus souvent et précocement les tumeurs, ce qui s’accompagne d’une baisse de la mortalité (2). La condition sine qua non : avoir diagnostiqué le cancer avant qu'il s’étende à l'extérieur de l'organe. Chez les patients dont la tumeur est localisée à l’intérieur de la glande de la prostate, la survie à 10 ans est de 90 % après chirurgie ».

Cancer de la prostate : de nouveaux outils de dépistage et de diagnostic

La valeur du PSA est un excellent marqueur : sensible, économique, reproductif et non agressif. Mais toute la difficulté réside dans son interprétation.

Car cette valeur brute peut varier : la sécrétion du PSA est corrélée à la taille de la prostate d’où l’importance du toucher rectal pour évaluer celle-ci. Par ailleurs, une inflammation fait monter le PSA. Ce qui importe vraiment est son évolution (cinétique).

De plus, si au PSA, on ajoute l’histoire clinique et l’examen clinique (toucher rectal), la sensibilité du dépistage (probabilité de trouver un cancer chez une personne qui a effectivement un cancer) est excellente, de plus de 90%.

De nouveaux marqueurs (l’index PHI pour Prostate Health Index, le CCP score Cell Cycle Progression etc.) vont permettre dans un avenir très proche d’affiner encore le repérage de tumeurs au stade précoce.

Enfin, l’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) multiparamétrique est en train de révolutionner le diagnostic. Cet examen, utilisé en cas de taux de PSA et/ou de toucher rectal anormal, a rebattu toutes les cartes car il est capable de repérer spécifiquement les cancers agressifs. En cas de suspicion de lésion cancéreuse, une biopsie de la prostate permet d’en apporter la preuve formelle.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 21 Novembre 2016 : 07h57
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h14
Source :  (1) European Urology, June 2016 DOI: 10.1016/j.eururo.2016.05.043 ; (2) Institut National du cancer : Les cancers en France - édition 2014.
D’après un entretien avec le Pr Thierry Lebret, chef du service d’urologie de l’hôpital Foch et Président de l’Association Française d’Urologie (AFU).