BPCO de la femme, une maladie qui cache bien son jeu

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 22 Juin 2017 : 18h14
Mis à jour le Vendredi 23 Juin 2017 : 10h22
-A +A

BPCO, ces quatre lettres désignent une maladie grave des bronches qui peut conduire à l’insuffisance respiratoire. Mais lorsque l’on pense Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive, l’image stéréotypée qui nous vient à l’esprit est celle de l’homme âgé, ancien fumeur. Or, les femmes sont tout aussi touchées. Sauf que chez elles, la maladie est souvent plus insidieuse et aussi plus grave. Explications sur la BPCO au féminin.

La BPCO, plus dure envers les femmes

La surmortalité féminine liée à la BPCO ne fait plus aucun doute. Selon Santé Publique France, celle-ci augmente chaque année de 1,7% alors qu’elle est stable chez l’homme depuis les années 1975. En silence, à cause du tabagisme dans 80 % des cas (à partir d’un paquet/jour pendant 15 ans), l’obstruction chronique irréversible des voies aériennes épuise le souffle, handicape gravement et conduit au décès.

Ce rôle du tabac vaut pour l’homme comme la femme à la différence près que celle-ci est encore plus vulnérable : à tabagisme égal, la BPCO sera plus sévère chez elle vis-à-vis de la fonction respiratoire (« VEMS » ou « Volume expiratoire maximal par seconde » plus bas) avec aussi une destruction plus importante du parenchyme pulmonaire, c’est à dire la partie intime du poumon composée des bronchioles respiratoires, des conduits alvéolaires et des alvéoles.

Pour leur part, les manifestations cliniques sont spécifiques chez la femme : moins d’expectorations comparé à l’homme, plus de toux nocturne, de dyspnée (difficulté à respirer) et de fatigue.

L’hyperréactivité des bronches, de mauvais pronostic, semble aussi plus marquée chez la femme.

Un sous-diagnostic persistant chez les femmes

Chez les femmes, un âge plutôt jeune au stade de la découverte de la maladie explique souvent un parcours diagnostique semé d’embûches, qui peut durer des années. De plus, il a été montré que le diagnostic de BPCO est moins souvent porté devant une femme fumeuse qu’un homme fumeur !

Si le sous-diagnostic persiste chez les femmes c’est aussi parce que parmi celles susceptibles de développer une BPCO, certaines « cachent » particulièrement bien leur jeu : en effet, une forte proportion de femmes ayant une BPCO est asymptomatique, c’est-à-dire qu’aucun symptôme ne peut l’alerter sur la maladie qu’elle est en train de développer, ou alors ces signes ne sont pas très spécifiques de la maladie.

Pr Chantal Raherison-Semjen, pneumologue au CHU de Bordeaux et co-responsable du groupe « Femmes et poumon » de la Société de pneumologie de langue française (SPLF) : « Il ne faut pas se filer à l’âge ! En effet, avec les années la maladie frappe plus tôt. Il est devenu courant de découvrir des BPCO chez des femmes entre 35 et 40 ans et souvent bien avant 60 ans ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 22 Juin 2017 : 18h14
Mis à jour le Vendredi 23 Juin 2017 : 10h22
Source : D’après un entretien avec le Pr Chantal Raherison-Semjen, pneumologue au CHU de Bordeaux et co-responsable du groupe « Femmes et poumon » de la Société de pneumologie de langue française (SPLF) 
*  Le concentrateur d’oxygene SimplyGo, Philips Healthcare :  http://www.philips.fr/healthcare/solutions/sleep-and-respiratory-care/oxygen
A lire aussi
La BPCO, vous touche de plus en plus mesdames ! Publié le 08/02/2010 - 00h00

Oui, la BPCO, ou broncho-pneumopathie chronique obstructive, touche de plus en plus de femmes. Non, ce n'est pas une maladie très sexy. Entre toux, crachats, anxiété et dépression, la BPCO n'exacerbe pas vraiment la féminité. Alors un conseil Mesdames, luttez contre cette maladie et mettez...

BPCO : quels sont les symptômes ? Publié le 30/11/2013 - 23h00

Le tabac est la première cause de BPCO, initiales de broncho-pneumopathie chronique obstructive.Cette affection respiratoire caractérisée par une obstruction progressive des voies aériennes est donc essentiellement une maladie de fumeurs. Comment se traduit-elle ? Quels sont les symptômes et...

La BPCO, trop souvent dépistée trop tard Publié le 03/02/2016 - 12h56

La BPCO (pour bronchopneumopathie chronique obstructive) sera la troisième cause de mortalité mondiale dans les décennies à venir. Cette maladie pulmonaire a la particularité de rester silencieuse pendant de longues années. Et lorsque les symptômes apparaissent, la capacité respiratoire est...

Plus d'articles