Avec ou sans péridurale ? A-t-on vraiment le choix ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 03 Septembre 2015 : 12h35
Mis à jour le Jeudi 03 Septembre 2015 : 14h56

Selon cette étude de l’Inserm, un quart des femmes expriment avant le début du travail leur volonté de ne pas accoucher sous péridurale. Dans les faits, la moitié d’entre elles bénéficient malgré tout d’une péridurale. Pourquoi leur choix n’a-t-il pas été respecté ?

Qui sont les femmes enceintes qui décident d’accoucher sans péridurale ?

Pour déterminer les facteurs qui influencent le choix d’accoucher avec ou sans péridurale, des chercheurs de l’Inserm se sont penchés sur les données de l’Enquête nationale périnatale 2010, totalisant 14.600 femmes parturientes.

Pendant leur grossesse, 26% de ces femmes ont exprimé leur choix de ne pas vouloir accoucher sous péridurale. Il s’agissait essentiellement de femmes jeunes (moins de 25 ans), ayant déjà eu des enfants, de faible niveau d’études ou de nationalité étrangère.

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Facteurs influençant le recours à la péridurale pendant le travail

Mais 52% d’entre elles ont finalement reçu une analgésie péridurale en cours de travail. Certaines parturientes ont tout simplement changé d’avis sous l’effet de la douleur, le plus souvent des femmes qui accouchent pour la première fois et n’ont encore jamais expérimenté la douleur des contractions. D’autres situations favorisant le recours de dernière minute à la péridurale ont été clairement identifiées : la surcharge de travail des sages-femmes, la présence permanente d’un anesthésiste dans la maternité et l’administration d’ocytocine pourfaciliter l’accouchement.

Au final, l’organisation des soins compte pour beaucoup dans l’administration d’une péridurale de dernière minute. Par exemple, « le nombre de sages-femmes est limité en salle de travail et la pose d’une péridurale peut être un moyen de faire face à la surcharge de travail au moment de certaines gardes », estime Béatrice Blondel, coauteur de cette étude.

Quant à celles qui changent d’avis, bien légitime, il faut reconnaître que la consultation d’anesthésie obligatoire avant l’accouchement joue un rôle facilitateur : malgré un refus initial, les femmes savent qu’elles peuvent toujours y avoir recours à tout moment en cas de besoin.

La prise en charge de la douleur via la péridurale est une excellente chose. À chaque femme d’exprimer clairement son refus, mais sans garantie absolue…

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 03 Septembre 2015 : 12h35
Mis à jour le Jeudi 03 Septembre 2015 : 14h56
Source : L. Kpéa et coll. Initial Preference for Labor Without Neuraxial Analgesia and Actual Use: Results from a National Survey in France. Anesth Analg, édition en ligne du 17 juin 2015.
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