L’asthme : le point de vue du pneumologue

L’asthme est une maladie qui inquiète. Nous sommes nombreux à nous poser des questions autour de cette pathologie qui touche de plus en plus de personnes. Quels sont les enjeux, les bons comportements à adopter lorsque l’on est asthmatique et quels sont les traitements qui se dessinent pour demain ? Nous avons interrogé le Dr Gilles Jébrak, pneumologue à l’hôpital Bichat Claude Bernard à Paris.
Sommaire

Quels sont les enjeux aujourd’hui ?

Aujourd’hui, dans le monde et en France, les enjeux de l’asthme sont très importants. Deux raisons principales à cela :

  • La fréquence de la maladie : la France compte plusieurs millions d’asthmatiques, et plusieurs centaines de millions dans le monde. Environ, 4 millions de personnes sont concernées en France et 400 millions dans le monde.
  • L’enjeu individuel : encore aujourd’hui, des personnes meurent d’asthme, y compris en France. Et indépendamment du risque de décès, l’asthme peut devenir chroniquement invalidant par le biais d’une insuffisance respiratoire. En effet, le traitement dont on dispose ne fait que stabiliser la maladie, rarement la guérir totalement.

Quels sont les nouveaux comportements à préconiser pour faire face à l’asthme ?

Le premier élément de comportement est préventif. Il repose sur l’éviction, qui consiste à éviter d’être en contact avec des produits toxiques susceptibles d’être inhalés. Au niveau individuel, c’est essentiellement l’inhalation du tabac même si l’asthme n’est pas une maladie liée au tabac. Mais c’est également l’inhalation d’allergènes, lesquels vont entraîner une cascade biologique de phénomènes inflammatoires. Il faut évidemment éviter tout autre polluant professionnel et environnemental, ce qui reste beaucoup plus facile à faire en théorie qu’en pratique. D’ailleurs, il existe un certain nombre d’asthmes professionnels reconnus comme tels et figurant sur un tableau de maladies professionnelles.

Le deuxième élément de comportement est d’inciter à consulter son médecin en cas de suspicion d’asthme afin d’entreprendre des tests simples pour confirmer le diagnostic.

Le troisième volet comportemental porte sur l’observance du traitement. Lorsque celui-ci est nécessaire, il convient de le prendre le plus sérieusement possible (quand prendre son traitement, quel dosage, quelle durée, etc.). Les données sont nombreuses montrant que la bonne prise des médicaments améliore le pronostic, diminue le risque de handicap, voire de décès.

Or l’observance est mauvaise. De multiples raisons à cela. La première est le manque d’informations. Un autre élément particulier dans l’asthme est que la personne touchée ne ressent pas le besoin d’un traitement régulier quotidien puisque bien souvent la maladie ne le gêne que de temps en temps. Le rôle des soignants dans ces conditions est d’informer de façon personnalisée sur les risques d’une obstruction bronchique irréversible et de faire prendre conscience au soigné de l’intérêt qu’il a à prévenir cette évolution. Le soigné doit être partie prenante dans sa prise en charge. Enfin, l’asthme est une maladie qui touche plus souvent les jeunes donc des personnalités moins soucieuses de leur santé ou plus révoltées devant l’injustice de la maladie.

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Source : Dr Gilles Jébrak, pneumologue à l’hôpital Bichat Claude Bernard à Paris