Les anticholinergiques semblent favoriser la démence

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Mercredi 11 Février 2015 : 10h09
Mis à jour le Jeudi 21 Avril 2016 : 12h09

Vous avez peut-être vu passer cette information : les anticholinergiques, pris sur de longues périodes, semblent augmenter le risque de développer une démence. Que montre l'étude exactement, et que faut-il faire si l'on prend des anticholinergiques ?

Anticholinergiques : des médicaments courants qui favorisent la démence ?

De nombreux médicaments sont anticholinergiques. Ils ont en commun d’empêcher l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur. On les utilise contre la dépression ou les symptômes de la maladie de Parkinson, mais aussi contre les allergies, les spasmes des bronches (on utilise notamment les anticholinergiques pour lutter contre la BPCO), certains incontinences notamment quand elles sont liées à une instabilité vésicale, et autres.

Selon une étude récente, l’usage de ces médicaments a l’inconvénient d’augmenter le risque de démence – maladie d’Alzheimer ou autre – chez les personnes âgées. Tout dépend de la dose, et les effets se construisent sur le long terme. Les chercheurs ont ainsi calculé qu’à petite dose (moins de 90 fois sur 10 ans), les anticholinergiques sont associés à une diminution du risque. A l’inverse, les personnes qui en avaient pris plus de 1095 fois en 10 ans, c’est-à-dire plus de deux fois par semaine, le risque est augmenté de 50%. Ce nouveau risque s’ajoute à ceux qui sont déjà connus : les anticholinergiques entrainent un risque d’aggraver un glaucome, et peuvent aussi nuire aux cœurs les plus fragiles (infarctus récent, arythmies, insuffisance cardiaque).

Que faire si l’on prend des anticholinergiques ?

La première étape, si vous prenez régulièrement des médicaments dont vous pensez qu’ils sont anticholinergiques, est de consulter votre médecin. Il pourra vérifier si vos médicaments sont bien anticholinergiques, et faire le point sur votre risque. L’intérêt de chercher un autre médicament peut être discuté aussi. Quoi qu’il en soit, ne mettez jamais fin à un traitement de votre propre initiative : cela peut s’avérer dangereux.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Mercredi 11 Février 2015 : 10h09
Mis à jour le Jeudi 21 Avril 2016 : 12h09
Source : Gray, S. et al., JAMA Intern Med. Published online January 26, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2014.7663
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