Seniors et corticoïdes : mode d'emploi

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Jeudi 18 Avril 2002 : 02h00
Les corticoïdes sont des médicaments dont l'intérêt thérapeutique n'est plus à démontrer. Pourtant, leur utilisation au long cours n'est pas dénuée d'effets secondaires, tout aussi préoccupants chez le sujet âgé que chez les jeunes.
PUB

Le panel d'action des corticoïdes est énorme...

Schématiquement, ces médicaments permettent de lutter contre les allergies, les inflammations et certaines maladies touchant le système immunitaire. On peut les utiliser sur des périodes courtes en cas d'allergie ou de réactions inflammatoires sévères (œdèmes de Quincke, oedèmes laryngés, surdité brusque, œdème cérébral, etc.). Chez les sujets âgés, ils sont souvent prescrits à plus long terme, pour soulager des maladies chroniques neurologiques, dermatologiques, endocriniennes (insuffisance surrénalienne) mais surtout respiratoires (asthme grave, fibrose pulmonaire, etc.) et rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde, par exemple).

PUB
PUB

...celui de leurs effets indésirables aussi !

Pour autant, il ne faut pas s'affoler : utilisés à dose adéquate sur une période de quelques jours, on ne leur attribue pas plus de complications que tout autre produit actif. Bien au contraire, ils sont souvent totalement indispensables dans bon nombre de situations d'urgence. Ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est qu'un traitement de plus de 10 jours à forte dose doit rendre vigilant. Les corticoïdes ainsi utilisés ont une action sur le métabolisme et perturbent, entre autres, les taux de sel (rétention hydrosodée à l'origine d'œdèmes), de sucre (déclenchant ou déséquilibrant un diabète), favorisent l'ostéoporose, la fonte musculaire, la fragilité cutanée. Ils peuvent aussi réveiller des infections, certains troubles psychiques (insomnie, confusion, agitation). On peut encore ajouter les risques d'hémorragie digestive haute (ulcères duodénaux), qui ne sont pas à négliger. Et cette liste est loin d'être exhaustive.Pour le senior et surtout pour la femme ménopausée, le risque majeur est l'ostéoporose induite, avec, comme complication toujours crainte, la fracture.

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Jeudi 18 Avril 2002 : 02h00
Source : Gudbjornsson B. et al. Ann Rheum Dis 2002 ; 61 : 32-6.
PUB
PUB
A lire aussi
Cortisone : attention aux effets indésirables !Publié le 13/03/2017 - 09h45

Très efficaces, les corticoïdes permettent de soulager les symptômes ou de guérir de nombreuses maladies. Avant de les prescrire, le médecin doit, néanmoins, informer des multiples effets indésirables – plus ou moins graves – qu’ils peuvent induire.

Fracture d’ostéoporose : cinq différences hommes/femmes Publié le 12/02/2016 - 16h02

L’ostéoporose et le risque de faire une fracture ostéoporotique ne sont pas l’apanage de la femme et ne sont pas forcément liés à la ménopause. L’homme en souffre aussi, moins souvent mais avec des conséquences plus sévères. Homme ou femme, la même maladie ?

Plus d'articles