Implant mammaires : les Etats-Unis signalent aussi des cancers rares

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Les implants mammaires font aussi des victimes aux Etats-Unis. Plus de 400 cancers rares du système immunitaire ont été signalés chez des porteuses de prothèses. 

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Les prothèses mammaires favoriseraient-elles les cancers du système immunitaire ? C'est ce que laisse penser la tendance récente. Depuis l'alerte émise par la France, en 2011, plusieurs cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) se sont déclarés. Aux Etats-Unis, le dernier bilan avoisine les 400 femmes, rapporte le New-York Times.

Cet article, repéré par nos confrères de 20 Minutes, fait état des derniers chiffres communiqués par l'Administration américaine des denrées alimentaires et médicamenteuses (FDA). Sur les 414 femmes atteintes de LAGC associé à un implant, 9 ont perdu la vie.

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Plusieurs traitements possibles

Ce cancer reste rare, au vu du nombre de prothèses posées. Rien qu'en France, 400 000 femmes ont bénéficié d'une telle intervention entre 2007 et 2014. Et selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 37 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules ont été signalés.

Le LAGC n'est pas un cancer du sein mais du système immunitaire, qui affecte les lymphocytes T (chargés de nous défendre contre virus et bactéries). Le lien avec les implants mammaires a été confirmé par l'Institut national du cancer (INCa) dès 2015.

Rare, il peut être traité par chirurgie, en retirant l'implant et le tissu cicatriciel qui s'est formé autour. S'il est repéré trop tard, une chimiothérapie ou une radiothérapie peuvent être proposées.

"Dans la plupart des cas, le lymphome anaplasique à grande cellules associé aux implants mammaires se situe dans le tissu cicatriciel et les fluides autour de l'implant, précise la FDA sur son site. Dans certains cas, il s'est répandu à l'ensemble du corps."

De nombreuses études en cours

Mais les autorités sanitaires restent prudentes sur la question, car la découverte de ce cancer est encore récente. Les implants texturés sont soupçonnés d'augmenter particulièrement le risque. Mais de nombreuses explications manquent encore.

La France, à l'origine des premiers signalements, a lancé plusieurs études afin de mieux comprendre comment se développe le lymphome anaplasique à grande cellules. Des tests de biocompatibilité, réalisés sur la souris, ont été lancés en juin 2016 par l'ANSM.

Plusieurs études de suivi des femmes porteuses d'implants mammaires ont aussi été lancées. L'objectif de ces travaux : comprendre si certaines femmes sont à risque, si le type d'implants influence l'apparition du cancer et la proportion réelle de LAGC.

Pour rappel, un suivi régulier est demandé aux femmes qui ont choisi de se faire poser une prothèse mammaire. Les 10 premières années, un suivi annuel est recommandé ainsi qu'une échographie ou une mammographie en cas de signes suspects.

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Jeudi 05 Avril 2018 : 13h05
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