Grand succès pour les génériques

Le recours aux médicaments génériques a fortement progressé. Leur consommation a pratiquement doublé en trois ans. Selon les derniers chiffres publiés par l'Assurance maladie, la part de marché a atteint près de 60% en 2004, contre 35% début 2002. Toutefois, les progrès possibles sont encore importants.
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La consommation de médicaments génériques a bien décollé, avec une hausse de 8% en moyenne par an, sur les cinq dernières années. Lorsqu'il existe une version générique d'un médicament, le recours à cette forme est de 60% aujourd'hui, contre 35% début 2002. En 2004, ils ont permis une économie de 380 millions d'euros. Ils induisent chaque mois une économie de 550 euros par médecin généraliste, par rapport au coût mensuel de prescription. Ces progrès ont été possibles grâce à l'engagement renforcé des professionnels de santé et à l'attitude positive des assurés. Néanmoins, de grands progrès sont encore possibles, le potentiel des génériques restant très significatif. Selon les données de l'Assurance maladie, si le générique était utilisé à chaque fois que cela est possible, une économie supplémentaire de 420 euros par mois et par médecin généraliste pourrait être réalisée, soit une économie potentielle supplémentaire de plus de 300 millions d'euros par an. Par ailleurs, les molécules nouvellement généricables (1) entre 2005 et 2007 représentent un potentiel d'économies de plus de 700 millions d'euros sur cette période. Et enfin, les médecins libéraux se sont engagés à développer la prescription de génériques à hauteur de 55 millions d'euros supplémentaires pour la seule année 2005. Il y a donc encore tout intérêt à renforcer la banalisation de l'usage des génériques par les patients et les professionnels de santé. Dans ce domaine, l'Assurance maladie met tout en oeuvre. Elle va notamment employer des techniques de communication directe, comme l'envoi d'un courrier d'information aux assurés qui consomment peu de génériques. Celui-ci leur rappellera que les médicaments auxquels ils ont le plus souvent recours disposent d'une version générique, qu'ils peuvent demander à leur pharmacien. De la même façon, les médecins seront informés de l'arrivée sur le marché des nouveaux génériques et des délégués vont rendre visite aux moins prescripteurs de génériques. Une liste personnalisée des génériques des médicaments qu'ils prescrivent le plus souvent leur sera remise. Et enfin pour la première fois, les responsables de pharmacies recevront eux aussi la visite de délégués. Les officines ayant un taux de substitution inférieur à la moyenne nationale seront principalement visées.

De grandes disparités

  • La part du marché du générique varie fortement d'un département à l'autre. Paris et la Corse sont les moins consommateurs.
  • Les médecins spécialistes de secteur 2 (honoraires libres) prescrivent moins de génériques que leurs confrères (et leur présence est deux fois plus élevée en région parisienne).
  • Les pharmacies les moins « substitutrices » sont des officines se trouvant dans les grandes villes, dont les clients ne résident pas forcément à proximité. Ces officines sont souvent implantées depuis plus longtemps que les autres.
  • Les patients atteints d'une affection de longue durée, quel que soit leur âge, consomment moins de génériques.
Publié le 20 Septembre 2005
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Point d'information mensuel de l'Assurance maladie du 12 mai 2005.