Vieillir en bonne santé : ce qu’on nous prépare !

Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Mercredi 02 Décembre 2015 : 14h34
Mis à jour le Mercredi 09 Décembre 2015 : 12h52
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Dans son rapport  « Prévention de la dépendance liée au vieillissement » adopté le 24 novembre dernier, l’Académie Nationale de Médecine livre ses recommandations aux pouvoirs publics sur les actions souhaitées de prévention et d’éducation à la santé destinées à réduire les risques de dépendance liés aux maladies chroniques les plus fréquentes des personnes âgées, et ceci à toutes les étapes de la vie.

Population Française : un vieillissement qui s’accélère

Au 1er janvier 2015, la population française comptait 12 millions de personnes âgées de plus de 65 ans, soit une proportion de 18% sur les 66 millions de Français.

D'ici 2050, la population française augmentera de 14,2% et le nombre des personnes âgées de plus de 65 ans dépendantes grimpera à 66% !

L’Académie Nationale de Médecine nous rappelle que seule la préservation du capital Santé acquis pendant l’enfance, l’adolescence et au début de l’âge adulte peut permettre de « bien vieillir » : l’autre défi majeur de notre siècle…

4 mesures pour prévenir la dépendance

Le problème de la dépendance est lié à celui de l’émergence des maladies chroniques sur les populations âgées. Pour y faire face, l’Académie Nationale de Médecine cite 4 mesures essentielles émanant de suivis sur plusieurs années de groupes de personnes à risques :

  • Contrôler l’hypertension artérielle à tous âges, y compris chez les personnes très âgées, pour prévenir l’apparition d’insuffisance cardiaque et la survenue d’accidents vasculaires, qui peuvent causer bien des dégâts sur les plans cardiaque et neurologique.
  • Accompagner au quotidien les malades adultes pré-diabétiques (hyperglycémie pathologique et/ou hémoglobine glyquée anormalement haute) par des soins et de l’éducation en santé avec pour objectif une réduction pondérale de 5% en cas de surpoids : l’étude a montré que la survenue du diabète sucré était notablement retardée de plus de 2 ans, à condition de maintenir sur le long terme ces nouvelles habitudes hygiéniques et comportementales.
  • Contrôler les 7 facteurs de risque de la dépendance liée au vieillissement désormais bien identifiés : l’avancée en âge, un niveau d’éducation limité, la sédentarité tout au long de la vie, le tabagisme, et à mi-vie : l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle. Le contrôle de ces facteurs au plus tard à mi-vie permettrait de retarder de 5 ans la survenue de l’état démentiel, et de diminuer de moitié le nombre de malades atteints de démence. A compléter avec par une alimentation riche en poissons et des exercices physiques réguliers.
  • Prévenir l’apparition dès la mi-vie des troubles sensoriels (vision, audition, olfaction) responsables de troubles de l’équilibre, de chutes, de fractures, mais aussi de baisse de l’activité sociale et de mal être : éviter une exposition trop intense au soleil et aux bruits excessifs (surtout parmi les plus jeunes générations), une alimentation trop riche, la sédentarité, l’usage abusif d’alcool, le tabagisme et l’air conditionné.
Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Mercredi 02 Décembre 2015 : 14h34
Mis à jour le Mercredi 09 Décembre 2015 : 12h52
Source : Organisation Mondiale de la Santé, rapport du 30 septembre 2015;
Académie Nationale de Médecine, rapport du 24 novembre 2015;
Avec les contributions des Professeur Jean-Pierre Michel, Professeur Claude Dreux et Professeur André Vacheron
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