Traitement du cancer : le patient reste maître des décisions

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 19 Décembre 2016 : 12h09
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 11h52

Dans le cancer, lorsqu’il s’agit de décider de la marche à suivre, vis-à-vis du traitement ou des examens, la « décision partagée » prend tout son sens. Il s’agit de définir ensemble, médecin et patient, du traitement qui va suivre.

Une première enquête dévoilée aux Rencontres de la cancérologie française (Paris, 13-14 décembre 2016)* rassure sur la prise en compte de la parole du patient, principal intéressé, par les médecins généralistes et l’humanité de la relation. Ca n’a pas toujours été le cas !

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Patients et généralistes main dans la main

« Le patient est maître de sa vie », « Chaque cas de cancer est particulier et unique, c’est au médecin de s’adapter »... l’intention et la pratique des médecins généralistes dans la prise en charge des patients atteints de cancer sont louables. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête en ligne conduite par l’un des principaux journaux français de médecine générale, Le Généraliste.

En 2016, un cabinet de médecine générale sur deux compte entre 5 et 10% de malades du cancer dans sa patientèle. Dans les grandes lignes, seule une minorité de médecins reconnaît occulter la vérité au patient. Globalement, 90% des généralistes disent la vérité au patient, pour la moitié de façon orale et aidé d’un document explicatif pour un médecin sur cinq. Le plus souvent, le diagnostic de cancer n’est pas asséné brutalement mais amené par la prescription de dépistage et d’examens diagnostiques voire un questionnement sur les antécédents familiaux ou l’évaluation des facteurs de risque.

Par ailleurs, le choix des stratégies thérapeutiques est central, véritable discussion et partenariat patient/soignant pour huit praticiens sur dix.

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Un patient impliqué, c’est "tout bénéfice" pour l’observance

Pour 57% des médecins généralistes, le fait de discuter des options thérapeutiques est une démarche non seulement naturelle mais aussi pédagogique. En effet, impliquer le malade est un gage de bon suivi du traitement (observance) selon 69% d’entre eux. Dans certains cas, les médecins interrogés avouent se passer de l’avis du patient, soit parce que « celui-ci n’a pas toutes les connaissances », soit parce que « la décision que je propose est la meilleure pour lui dans l’état actuel des connaissances ». Et même parfois, l’avis du patient peut remettre en question les traitements.

56% des médecins évoquent ainsi cette hypothèse en cas d’incertitudes quant au résultat ou au pronostic, 39% si le retentissement sur la qualité de vie est redouté par le patient et 32% si celui-ci craint des effets indésirables.

Dr Jean Godard, médecin généraliste (78) et spécialiste du sujet au Collège de la médecine générale : « Fort heureusement, dans le cancer, la décision partagée est désormais intégrée dans la pratique des généralistes. Finie la relation patriarcale du passé. Dans le cancer du sein, l’éventail des traitements avoisine les 250 possibilités ; plus question alors de se passer de l’avis du patient ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 19 Décembre 2016 : 12h09
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 11h52
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