Cancers du sein HER2+, bénéficier de la thérapie ciblée ou de son immunité ?

Publié par La Fondation ARC le Jeudi 22 Janvier 2015 : 11h16
Mis à jour le Jeudi 22 Janvier 2015 : 11h16

Pour les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2+, la présence d’une grande quantité de lymphocytes au sein de la tumeur serait liée à une absence de bénéfice de l’ajout du trastuzumab à la chimiothérapie.

© Istock

Cellules immunitaires infiltrées dans la tumeur : quel impact ?

L’exploration biologique des tumeurs ne se limite pas à l’analyse des cellules tumorales. En effet, depuis plusieurs années, le rôle d’éléments du système immunitaire présents dans la masse tumorale est fréquemment mis en avant. On sait ainsi que des cellules immunitaires infiltrées sont susceptibles d’attaquer spécifiquement les cellules cancéreuses et donc de contenir le développement de la maladie.

Des chercheurs menés par le Pr Edith Perez, de la Mayo Clinic (Floride), ont récemment exploré l’impact de ces cellules immunitaires infiltrées dans la tumeur chez des patientes atteintes d’un cancer du sein exprimant HER2, le récepteur d’un facteur de croissance tumorale.

Les 945 patientes de cette étude participaient à un essai comparant l’effet d’une chimiothérapie seule à celui d’une combinaison associant la chimiothérapie au trastuzumab, thérapie ciblée dirigée contre le récepteur HER2.

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Le trastuzumab n’est pas bénéfique à toutes les patientes

Les chercheurs ont montré que l’ajout du trastuzumab n’améliorait pas l’évolution de la maladie chez toutes les patientes : pour les 10 % de patientes qui avaient un taux élevé de lymphocytes infiltrés dans leur tumeur, recevoir ou non la thérapie ciblée ne changeait rien au risque de récidive et à l’évolution de la maladie en général.

Une analyse plus fine de l’influence des lymphocytes présents dans la masse tumorale serait salutaire, selon les investigateurs de cette étude. En effet, estimer leur quantité est une chose, mais réussir à les qualifier serait aussi potentiellement très instructif : distinguer, par exemple, ceux qui ont une action anti-tumorale de ceux dont la fonction est de modérer la réponse immunitaire pourrait aider à mieux comprendre des jeux d’influences très complexes. Par ailleurs, malgré l’envergure importante de l’étude, “seulement” 94 patientes présentaient ce taux élevé de lymphocytes dans la tumeur, un nombre trop faible pour tirer des conclusions définitives.

Ainsi, sans remettre en cause la prise en charge standard actuelle, qui préconise la combinaison thérapeutique pour les femmes dont les tumeurs surexpriment HER2, les auteurs en appellent à de nouvelles études plus approfondies afin de savoir si l’administration de trastuzumab pourrait être évitée à certaines patientes.

Publié par La Fondation ARC le Jeudi 22 Janvier 2015 : 11h16
Mis à jour le Jeudi 22 Janvier 2015 : 11h16
Source : Fondation ARC - APMnews ; dépêche du 10 décembre 2014 ; Cancer du sein HER2+ : le taux de lymphocytes TIL identifierait un groupe de patientes sans bénéfice du trastuzumab en adjuvant.
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