Un homme sauve son jumeau brûlé à 95 %

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 24 Avril 2018 : 10h59

Grâce à une greffe cutanée, Eric Dufourmantelle a sauvé la vie de son jumeau. Franck était brulé à 95 %. Il a survécu grâce à ce don unique au monde.

© AFP

Franck Dufourmantelle aurait dû mourir. Brûlé à 95 % par un produit chimique hautement inflammable, ses chances de survie étaient minimes. Deux ans après l'accident survenu sur son lieu de travail, il est vivant. Et suffisamment en bonne santé pour en parler.

Cela grâce à son frère jumeau, Eric Dufourmantelle, qui lui a donné une partie de sa peau. La greffe cutanée qui a été réalisée est unique au monde. Il faut dire que les deux hommes sont jumeaux homozygotes, c'est-à-dire que leur patrimoine génétique est le même.

"Une torche humaine"

Après une grave brûlure, les chances de survie sont généralement minces. Il faut dire que la peau joue un rôle essentiel pour nous défendre contre les bactéries, réguler la température interne… Les grands brûlés sont à risque d'infection, d'hypothermie et de déshydratation.

Autant dire que la situation était critique pour Franck Dufourmantelle, dont seuls le pubis, une partie du crâne et des pieds avaient été épargnés par le feu. "J'étais une torche humaine. Je me suis mis à courir dans tous les sens", confie-t-il au micro d'Europe 1.

Certaines chirurgies permettent de remplacer une partie de la peau brûlée. Mais pour l'ancien opérateur chimiste, les blessures sont trop graves pour l'espérer.

Mais le hasard fait bien les choses. Franck est hospitalisé dans l'un des meilleurs services de France, à l'hôpital Saint-Louis (Paris), spécialisé dans le traitement des brûlés. Mais surtout, Franck a un jumeau homozygote. Et Éric se porte volontaire pour une greffe cutanée.

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Six heures de greffe

L'intervention s'annonce difficile : la transplantation à réaliser est presque totale. Elle sera pratiquée pendant que Franck est encore dans le coma. Mais Éric doit subir les prélèvements à vif. "C'était très dur. Dix jours de douleur, se souvient-il sur Europe 1. Après, on cicatrise assez rapidement."

Pendant deux heures, les équipes de l'hôpital Saint-Louis ponctionnent des lambeaux de peau sur le jumeau de Franck. Dos, cuisses et cuir chevelu. Ils sont ensuite implantés sur le grand brûlé durant six longues heures.

Il faudra s'y reprendre plusieurs fois, pour réparer la peau du malheureux. Au total, une dizaine d'interventions ont été pratiquées. Mais la stratégie paie. Franck Dufourmantelle est la seule personne brûlée à 95 % qui soit encore en vie.

Aujourd'hui, l'homme s'est remis à courir. Un long travail de réadaptation l'attend : il ne peut plus plier les phalanges, car ses cartilages ont fondu, et sa peau doit encore s'assouplir. Mais le plus dur est passé.

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