Sida : les défis d’une maladie devenue chronique

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 30 Novembre 2016 : 09h54
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h09

Le 1er décembre a lieu la journée mondiale de lutte contre le sida. C’est l’occasion de changer son vocabulaire : ne dites plus "personne séropositive" mais plutôt "personne vivant avec le VIH". Car dans les pays développés, les personnes infectées, détectées précocement et sous médicaments antirétroviraux ont aujourd’hui une espérance de vie presque similaire à la population générale. Les complications cardiovasculaires ou hépatiques en plus…

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Vivre avec le VIH : un vieillissement accéléré

Si la charge virale, c’est-à-dire la quantité de virus par millilitre de sang, reste l’obsession principale dans l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le succès des thérapies antirétrovirales a modifié la manière d’aborder la maladie. Une nouvelle préoccupation est apparue : optimiser la santé et le bien-être des personnes de plus en plus âgées ayant le VIH et pour cela prévenir les maladies associées (comorbidités), multiples et précoces. En 2030, 84% des personnes VIH positives vivront avec une comorbidité liée à l'âge. En effet, l’exposition tout au long de la vie au virus mais aussi la prise chronique des thérapies anti-VIH peuvent amplifier et accélérer le processus normal de vieillissement.

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Complications cardiovasculaires et cancéreuses au long cours

Pour y faire face, les défis médicaux et d’organisation des soins pour bien vieillir avec le sida sont nombreux*. En effet, les pathologies associées mais non liées à l’infection VIH elle-même sont tout d’abord d’ordre cardiovasculaire (43% contre 30% dans la population générale) mais aussi métabolique (diabète, anomalies lipidiques), hépatique (risque de maladies chroniques du foie multiplié par 8), rénal (5% des personnes vivant avec le VIH souffrent d’insuffisance rénale, contre 1 % dans le reste de la population), cancéreux (un risque doublé comparé à la population générale) et ostéoporotique (50% de risque en plus de fracture osseuse).

Les troubles neuropsychiatriques n’y coupent pas, dont la dépression rencontrée dans 20-37% des cas chez ces personnes avec le VIH.

D’après une étude majeure (START, 2015), débuter le traitement dès confirmation du diagnostic permet de réduire de 57 % le risque de maladies graves et de décès chez ces personnes.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 30 Novembre 2016 : 09h54
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h09
Source : *HIV Therapy (vol2, 2015) « Going beyond undetectable: A review of the unmet long-term health needs of people living with HIV »
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