Quel avenir après un infarctus ?

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 03 Mars 2004 : 01h00
Il arrive souvent que la peur de mourir vienne perturber la vie de celui qui a fait un infarctus du myocarde. Pourtant, grâce aux traitements actuels et à l'efficacité des conseils donnés, on peut être optimiste : le retour à une vie normale est non seulement possible, mais elle fait partie du traitement.
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Un infarctus est une épreuve terrible dont on ne sort pas indemne. Le stress est à son maximum, la douleur initiale est souvent très forte, l'angoisse est constante. Et puis, il faut bien le dire, quand on s'en sort, on a frôlé la mort

Evidemment, cela laisse des traces et pour beaucoup cela se traduit par une peur de vivre normalement, un comportement souvent peu adapté. En pratique, on observe souvent deux types d'attitudes :

  • celui qui ferme les yeux, occulte toute idée de risque, et reprend de plus belle une vie risquée pour lui : alcool, tabac, sédentarité et « malbouffe » continuent comme avant alors que les traitements préventifs d'une rechute sont négligés puis définitivement oubliés,
  • celui qui, au contraire, est paralysé par sa peur et limite sa vie, bougeant moins, osant moins, et ne reprenant même plus le cours habituel de ses projets et de sa vie.

Evidemment, cela laisse des traces et pour beaucoup cela se traduit par une peur de vivre normalement, un comportement souvent peu adapté. En pratique, on observe souvent deux types d'attitudes :

Vivre normalement fait partie du traitement

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La vérité est donc entre les deux. Voyons comment bien s'y prendre en pratique.Tout d'abord les traitements préventifs sont très efficaces : aspirine (ou autre antiagrégant), inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC), bêtabloquant et statines réduisent ensemble le risque de rechute de près de 80%... Autrement dit, il est fondamental de bien prendre ses médicaments et de s'organiser en conséquences (voir notre article sur l'observance : « Coeur, la régularité paye »).Ensuite les conseils sont très performants : ils réduisent à eux seul le risque de rechute de plus de 50%. Nutrition, activité physique, arrêt du tabac, bref une vie saine, changent profondément et positivement la vie. N'oubliez jamais que le coeur, comme tout muscle, a besoin d'être actif pour se muscler. Alors bougez-vous !Et enfin, la tête : non seulement le stress, l'angoisse et la dépression ne sont pas bons, mais l'esprit positif et les sentiments d'amour sont aussi efficaces que les médicaments et les conseils hygiéno-diététiques. Donc, il faut s'impliquer, aimer et cultiver ses relations aux autres, à son conjoint, ses enfants, ses amis, mais aussi à ses animaux de compagnie. Le simple fait de s'occuper d'un animal peut réduire le risque de rechute de plus de 30%...Il faut aussi rire, cela marche. Pourquoi ne pas programmer l'émission radio « Rire et chansons » dans votre poste ? Pourquoi ne pas aller voir des comiques ou des films drôles ? Pourquoi ne pas organiser des soirées avec vos amis les plus marrants ?Et puis, il faut avoir à l'esprit les règles de bonne gestion de soi-même : être positif, affronter la réalité, agir concrètement. Alors, occupez-vous de votre succession : héritage, assurances, dons, doivent être bien prévus et vous serez étonné de constater que l'on vit plus léger quand la mort est bien organisée !

Donc, vivez normalement et n'ayez pas peur. Vous pouvez être d'autant plus confiant que maintenant vous disposez de deux armes très efficaces en cas de problèmes : le téléphone portable et votre dérivé nitré. Non seulement vos risques de rechute seront très réduits, mais à la moindre alerte (le moindre doute est une alerte, il ne faut pas attendre) vous serez rapidement et efficacement pris en charge.

Guide: 

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 03 Mars 2004 : 01h00
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