Que faire contre les escarres ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Juillet 2014 : 00h00
Mis à jour le Mardi 15 Juillet 2014 : 13h29

Les escarres sont des plaies chroniques liées à une nécrose profonde des tissus.

Chaque année, 300.000 Français souffrent d’escarres : des personnes âgées, hospitalisées ou à mobilité réduite.

Quels sont les facteurs de risque et quelles sont les mesures générales de prévention des escarres ?

Comment se manifestent les escarres ?

9 % des patients hospitalisés sont concernés par les escarres.

Les escarres sont des plaies ouvertes consécutives à une nécrose profonde des tissus et qui cicatrisent difficilement.

Elles surviennent principalement chez les personnes alitées ou en fauteuil roulant. À la longue, les tissus mous se trouvent comprimés par le poids du corps, ce qui supprime la circulation sanguine, entraînant une nécrose en profondeur. On parle ainsi de lésions cutanées d’origine ischémique.

Selon le type d’escarre et la gravité peuvent apparaître une rougeur, une induration de la peau et une plaie plus ou moins profonde, avec possibilité d’atteinte des muscles ou de l’os.

Certains facteurs favorisent la survenue des escarres : l’alitement (ou au fauteuil) comme indiqué précédemment, mais aussi la déshydratation, la dénutrition, la fièvre, les troubles de la vigilance, certaines maladies…

Outre le traitement médical (plus rarement chirurgical), la prévention occupe une place très importante.

La prévention des escarres

Hygiène

L’hygiène de la peau est essentielle pour diminuer le risque d’escarre : toilette quotidienne (voire davantage si nécessaire), éviter la macération, protections changées très régulièrement en cas d’incontinence, hydratation de la peau, etc. Attention, les massages, frictions, applications de glaçons et d’air chaud sont contre-indiqués car ils réduisent le débit microcirculatoire.

Veiller à une alimentation riche en protéines et à une hydratation suffisante fait aussi partie intégrante de la prévention des escarres.

Inspection cutanée

Il est nécessaire d’inspecter tous les jours l’état de la peau et tout particulièrement les zones à risque (peu sollicitées, zones de compression, comme les fesses, le sacrum, les talons, l’occiput, les coudes, etc.), à la recherche de rougeurs, douleurs, lésions…

On recommande également une palpation de la peau à la recherche d’une induration ou d’une chaleur.

Bouger et adopter les bonnes positions

Mobiliser et changer de position très régulièrement, au moins toutes les 2 à 3 heures afin de varier les points de pression. Les phénomènes de cisaillement et de frottement doivent être évités par une installation et une manutention adéquates du patient.

Au lit, le décubitus latéral oblique à 30° par rapport au plan du lit est à privilégier : le haut du corps est placé de ¾ et le bas est positionné de côté de sorte que l’appui se fait sur la hanche et non sur les fesses. Les talons ne sont pas en appui. Un coussin est placé derrière la nuque, derrière le dos, sous les mollets et entre les jambes.

Au fauteuil, privilégier la position semi-inclinée : dos et assise à 90° mais assise à 30° par rapport au sol, pieds suspendus sans appui, coussin d’assise sous les fesses.

Matelas, surmatelas et coussins de siège anti-escarres

Il existe des supports spéciaux, des matelas et des coussins anti-escarres, dont le rôle est de diminuer les pressions.

Les supports statiques

Certains agissent de façon statique : en augmentant la surface de contact entre le support et le corps, ils répartissent les points de pression.

Les supports dynamiques

D’autres sont des supports dits dynamiques car ils se modifient dans le temps et détectent grâce à des capteurs électroniques les surpressions afin de les atténuer. Concrètement, ce sont des boudins à air qui se gonflent et se dégonflent selon les mouvements du patient ou une programmation, variant ainsi en continu les zones de pression.

À noter que ces supports dynamiques peuvent être utilisés de façon continue ou discontinue, permettant ainsi d’alterner entre fonctions statique et dynamique.

Le choix du support dépend du risque, de l’état général du patient, de son degré de mobilité, du temps passé au lit ou au fauteuil, de la fréquence des changements de position, etc.

À savoir :

  • Dans le cas de la prise en charge des escarres, on utilise des supports dynamiques.
  • Les coussins en gel ne sont pas recommandés.

Les accessoires

  • Les cales et autres coussinets : de forme et texture variées, ils soulagent ou sont à visée préventive (plots évidés en leur centre, coussinets à placer sous le mollet pour surélever les talons, etc.).

  • La housse, qui n’est pas véritablement à considérer comme un accessoire, est importante, devant apporter à la fois confort, protection contre l’eau ou tout autre liquide, prévention de la condensation et donc de la macération.
Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Juillet 2014 : 00h00
Mis à jour le Mardi 15 Juillet 2014 : 13h29
Source : HAS, Prévention et traitement des escarres de l’adulte et du sujet âgé, novembre 2001, http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Escarres_court.pdf. Association PERSE (Prévention, Éducation, Recherche, Soins, Escarres), Nouvelles recommandations médicales pour la prévention et le traitement des escarres, mars 2013.
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