Grossesse et pré-éclampsie : les facteurs de risque

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 25 Août 2010 : 14h47
Mis à jour le Mercredi 11 Février 2015 : 16h27
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Autrefois appelée toxémie gravidique, la pré-éclampsie est un état pathologique de la femme enceinte apparaissant après la 20e semaine de grossesse et caractérisé par une hypertension artérielle, une protéinurie (présence de protéines dans les urines) et une prise de poids avec oedème. Elle survient dans environ 5% des grossesses.

Peut-on prévoir le risque de pré-éclampsie ?

Neuf facteurs de risque de pré-éclampsie peuvent être identifiés lors la première visite prénatale.

L'âge

Les femmes de 40 ans et plus, qu'elles aient déjà eu ou non des enfants, présentent deux fois plus de risques de pré-éclampsie que les plus jeunes. Certaines données suggèrent qu'après 34 ans, le risque est augmenté de 30% par année supplémentaire.

La parité

Les femmes n'ayant jamais eu d'enfant (nullipares) ont un risque de de pré-éclampsie multiplié par trois. Ainsi, les femmes ayant eu une pré-éclampsie sont deux fois plus souvent des nullipares que les femmes sans pré-éclampsie.

L'antécédent de pré-éclampsie

Les femmes qui ont une pré-éclampsie lors d'une première grossesse ont un risque multiplié par sept lors d'une seconde grossesse. Et les femmes qui ont développé une pré-éclampsie lors d'une deuxième grossesse étaient exposées à un risque sept fois plus élevé d'en avoir eu une lors de leur première grossesse.

L'antécédent familial

Le risque est multiplié par sept environ s'il existe un antécédent familial de pré-éclampsie.

La grossesse gémellaire

Une femme qui attend des jumeaux voit son risque multiplié par trois environ.

Les antécédents médicaux

Un diabète insulinodépendant avant la grossesse quadruple le risque de pré-éclampsie.

Une hypertension artérielle, une maladie rénale et une maladie chronique auto-immune déclarée avant la grossesse augmentent également le risque. Il en est de même du syndrome des anticorps antiphospholipides (présence d'anticorps anticardiolipine ou d'anticoagulants lupiques).

Le délai entre les grossesses

Il semblerait que le risque augmente pour chaque année comprise entre deux grossesses.

L'indice de masse corporelle

Un indice de masse corporelle (IMC) élevé à la naissance ou lors de la première visite prénatale, élève le risque de pré-éclampsie. Avec un IMC supérieur à 35, le risque double. Inversement, le risque diminuerait avec un IMC inférieur à 20.

La pression artérielle

Les femmes ayant une pression artérielle élevée au premier trimestre de grossesse présentent un risque plus élevé que les autres.

L'identification de ces facteurs permet d'évaluer le risque dès la première visite prénatale et ainsi de planifier une surveillance de routine pour dépister une pré-éclampsie pendant la suite de la grossesse.

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Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 25 Août 2010 : 14h47
Mis à jour le Mercredi 11 Février 2015 : 16h27
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