Bien se faire suivre après l'infarctus

Publié par Dr Philippe Presles le Vendredi 12 Novembre 2004 : 01h00
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Après l'infarctus, ce qui compte c'est de reprendre une vie normale tout en se donnant les moyens d'éviter toute rechute. La médecine moderne nous donne les moyens d'y arriver.

Ca y est ! La sortie de l'hôpital est enfin d'actualité. Généralement, on se sent à la fois joyeux et inquiet : l'hôpital cela inquiète mais cela rassure aussi ! En pratique, ce qui est important c'est de prendre en charge sa santé dès le début et de s'organiser en conséquence.

Dès la sortie de l'hôpital, il faut donc prendre un rendez-vous avec son médecin traitant pour programmer son suivi. Il faudra prévoir une consultation trimestrielle avec le médecin généraliste et une consultation semestrielle avec le cardiologue, la première année, puis tous les ans.

Le généraliste tous les 3 mois

Le rôle du médecin généraliste sera tout d'abord de vérifier la bonne tolérance de votre traitement, ainsi que sa bonne observance. En général, quatre médicaments clés composent votre ordonnance : l'aspirine, une statine et deux antihypertenseurs (un bêtabloquant et un Inhibiteur de l'Enzyme de Conversion (IEC)). Il contrôlera régulièrement plusieurs paramètres biologiques pouvant être modifiés par ces médicaments :

  • pour l'aspirine : numération formule sanguine et plaquettes car l'aspirine diminue la coagulabilité du sang ;
  • pour les statines : CPK (enzyme musculaire) et transaminases (enzymes hépatiques) car les statines agissent au niveau du foie et peuvent (rarement) affecter les muscles ;
  • pour les IEC : fonction rénale, ionogramme plasmatique et transaminases, les IEC pouvant interférer notamment avec la fonction rénale.

Son rôle sera ensuite de suivre régulièrement vos facteurs de risque, dont les principaux sont le diabète, le cholestérol et l'hypertension artérielle. Si vous êtes encore fumeur, il vous accompagnera dans votre programme de sevrage tabagique.

Le cardiologue tous les ans après la première année

Le rôle du cardiologue sera de faire un bilan pronostique au troisième mois suivant votre sortie. Ce bilan comprendra une échographie cardiaque (recherche de complications), une épreuve d'effort (évaluation de votre capacité fonctionnelle) et un holter rythmique (pour éliminer les troubles du rythme). Selon ce bilan, trois cas de figure sont possibles :

  • le bilan est très bon : vous pourrez reprendre votre activité rapidement ;
  • le bilan est moyen : votre cas sera analysé pour décider de la bonne démarche à suivre ;
  • le bilan n'est pas bon : vous devrez suivre impérativement un programme de rééducation cardiaque.

Si vous avez bénéficié d'une technique de revascularisation (angiographie et stent) ou d'un pontage, votre cardiologue vous prescrira un examen permettant de s'assurer du bon fonctionnement de votre implant.

Enfin, le cardiologue vous suivra chaque année pour refaire un bilan pronostique s'il le faut et apprécier la qualité de votre suivi.

Reste la question : pourquoi s'organiser pour un tel suivi ? Tout simplement parce que l'enjeu est très élevé : vous pouvez réduire votre risque de rechute de 80%. Autrement dit, vous pouvez éliminer un risque majeur pour en faire un risque contrôlé.

Guide: 

Publié par Dr Philippe Presles le Vendredi 12 Novembre 2004 : 01h00
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