Les Serious Games au service de votre santé

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 05 Juin 2015 : 11h20
Mis à jour le Vendredi 05 Juin 2015 : 11h51
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Les Serious Games sont des jeux vidéo à finalité pédagogique et non plus strictement divertissants. Ils révolutionnent progressivement la médecine : formation des médecins, aide thérapeutique aux patients, accompagnement des proches.

Quelques exemples de la puissance des Serious Games.

E-Schizophrénia, un Serious Game au service des psychiatres et bientôt des patients

« E-Schizophrénia » est un outil pédagogique à destination des psychiatres, développé par des psychiatres et financé par le laboratoire Janssen. Il met en situation la vie de patients atteints de schizophrénie. À travers cette vie virtuelle, les médecins apprennent, dans un but thérapeutique, comment vivent et réagissent leurs patients.

Autrefois, les médecins se formaient en groupe via des discussions engagées autour d’un cas clinique illustré par des documents et des extraits vidéo. « Avec E-Schizophrénia, la formation est personnalisante », précise le Pr Guillaume Vaiva, Chef du service de psychiatrie du CHRU de Lille, co-fondateur du Serious Game E-Schizophrénia. Chaque médecin est confronté à la vie virtuelle d’un avatar qu’il fait évoluer au fil de sa navigation en posant des questions et en obtenant des réponses. Grâce à cette interface, le médecin voit le patient comme s’il était dans sa vraie vie et il appréhende les aléas de la vie quotidienne qu’il rencontre (dépression, alcool, accidents, amis, rencontres sentimentales, mariage, enfants, emploi, etc.). La formation est composée de plusieurs séquences se déroulant dans des lieux différents (domicile, cabinet du médecin, activités extérieures…). À la fin de chaque séquence de jeux sur Ipad, les médecins sont invités par un formateur à en discuter entre eux et à évaluer les difficultés de la prise en charge. « Le format virtuel permet tout ça ».

Cette innovation est destinée à la formation des professionnels de santé, mais cette interface est en train de se développer actuellement vers les patients et surtout vers les familles et les proches. Grâce à de nouvelles situations virtuelles où l’avatar serait un proche, « E-Schizophrénia s’ouvre à la psychoéducation des familles ».

Les autres Serious Games en psychiatrie, pour le plus grand bien des patients

Dans le domaine de la psychiatrie, il existe d’autres Serious Games, comme notamment « mask », développé au CNRS par l’équipe du Pr Renaud Jardri à destination des enfants pour détecter les hallucinations. L’interface numérique constitue un outil de dépistage, de surveillance et de dialogue avec les familles.

Il existe deux types de jeux. Via un CD rom ou sur le net, le sujet entre seul dans un monde virtuel. Il remplit des missions et franchit des paliers. C’est le cas de « SPARX » sur la dépression de l’ado, un jeu d’aventures en 7 mondes (reprenant les 7 modules de la thérapie cognitive et comportementale), mettant en scène un jeune homme ou une jeune fille.

L’autre famille de Serious Games comprend en plus un temps de médiation avec un soignant. Sur le thème du suicide, un ado se retrouve confronté à différentes situations à risques (drogue, loi…), tout en étant encadré par quelqu’un, même si celui-ci n’intervient que très peu. D’autres Serious Games se jouent à deux : le patient crée son avatar et le soignant le sien. On entre ici dans un jeu de rôles entre médecin, patient et avatar. Le support numérique permet de construire un avatar qui possède les symptômes du patient et dont on modifie progressivement les réactions. Avec l’aide de son thérapeute, le patient expérimente et comprend au fil des étapes qu’il peut prendre le contrôle de ses comportements face à différentes situations (hallucinations, prise de poids, mal de tête…). Ce processus est à la base des thérapies cognitives et comportementales.

Dans cette même optique, « beating the blues » est un programme anglo-saxon où le patient dispose d’un délai défini pour faire des exercices sur Internet. À la fin de chaque étape, il doit revoir son médecin pour obtenir les codes lui permettant d’accéder à la suivante. Ce procédé permet de revoir chaque niveau avec le soignant et d’analyser ensemble ce qui s’est passé dans le jeu.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 05 Juin 2015 : 11h20
Mis à jour le Vendredi 05 Juin 2015 : 11h51
Source : En collaboration avec le Pr Vaiva, Chef du service de psychiatrie du CHRU de Lille, co-fondateur du Serious Game « E-Schizophrénia ».
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