Radiations : quels sont les risques pour la santé ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 01 Avril 2011 : 11h50
Mis à jour le Vendredi 01 Avril 2011 : 11h50
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La catastrophe nucléaire de Fukushima soulève bien des questions et des inquiétudes. Celles portant sur les conséquences des radiations pour la santé, à proximité de la centrale nucléaire mais également à distance, en France notamment, sont nombreuses. Faites le point en répondant à ce test.

Les populations vivant à proximité d’une centrale risquent :

Une irradiation.

Une contamination.

L’irradiation est encourue par les travailleurs dans la centrale. Elle est la conséquence directe d’une exposition externe du corps.

Quant à la contamination, ce sont les particules radioactives qui entrent dans l’organisme par la peau et les voies respiratoires. On peut aussi être contaminé en ingérant des aliments contaminés.

Quels sont les éléments radioactifs émis lors d’un accident nucléaire ?

L’iode et le césium essentiellement.

Le radon principalement.

Les principales molécules radioactives sont représentées par l’iode et le césium. La quantité d’iode d’un nuage radioactif se divise par deux tous les 8 jours, tandis que cette période est de 30 ans pour le césium.

L’ingestion d’iode sert à se protéger contre :

Le cancer du cerveau.

Le cancer de la thyroïde.

La thyroïde utilise l’iode pour fabriquer les hormones thyroïdiennes. En cas d’exposition, ingérer de l’iode non radioactif empêche la thyroïde de capter l’iode radioactif.

Les effets de la radioactivité sur l’organisme se mesurent en :

Méga Hertz

Sieverts

Un sievert correspond à la dose de rayons reçus, pondérée selon le type de rayonnement et la zone exposée. 2 mSv est l’irradiation d’origine naturelle à laquelle nous sommes exposés. Avec une exposition de 1 Sv (1.000 mSv), des vomissements apparaissent. Une exposition au-delà de 6 Sv entraîne la mort.

Quelle est la conséquence pour la population exposée à une catastrophe nucléaire ?

Des lésions de l’ADN et donc des cancers.

Des troubles cérébraux.

La contamination finit par provoquer des lésions de l'ADN des cellules et donc des cancers, notamment du poumon, du côlon et des leucémies. La contamination peut également entraîner des malformations fœtales.

À partir de quelle exposition observe-t-on un excès de cancers ?

100 mSv

1.000 mSv

Un excès de cancers peut être observé après plusieurs années d’exposition. Le risque dépend aussi de la dose reçue et commence à partir de 100 mSv. Il augmente de 5,5% par sievert.

Quel est le premier symptôme suivant une irradiation ?

Des vomissements.

Des irritations et des rougeurs de la peau.

Les conséquences d’une irradiation dépendent de la dose reçue. Des vomissements peuvent survenir en quelques heures, puis quelques jours plus tard : fièvre, diarrhées, hémorragies, brûlures, infections, etc., témoignant d’une destruction massive des cellules de l’organisme.

Quel cancer peut-on prévenir après une catastrophe nucléaire ?

Le cancer de la thyroïde.

Le cancer de la vessie.

Seul le cancer de la thyroïde peut être prévenu efficacement avec de l’iode non radioactif. On ne sait pas prévenir les leucémies, les cancers du poumon, du côlon, etc.

Quels sont les organes les plus sensibles aux radiations ?

La peau.

Les organes reproducteurs.

Tous les organes n’ont pas la même sensibilité. Ainsi par exemple, pour une même dose de radiations, la peau sera moins affectée que les organes reproducteurs, la paroi digestive, la moelle osseuse, etc. Le mode d’exposition doit donc être considéré pour évaluer les conséquences d’une contamination (exposition externe par la peau, ou interne par la respiration ou l’alimentation).

Quelle est la dose de radiation reçue lors d’un scanner ?

0,1 mSv

10 mSv.

0,1 m Sv est la dose reçue lors d’une radio des poumons par exemple. Un scanner du corps entier expose à 10 mSv. Par comparaison, 20 mSv est la limite annuelle acceptable pour les employés de l’industrie nucléaire et 0,044 mSv est la dose reçue en avion lors d’un Paris-New York.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 01 Avril 2011 : 11h50
Mis à jour le Vendredi 01 Avril 2011 : 11h50
Source : Le Figaro, mars 2011 ; Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), www.criirad.org.
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