Pradaxa : alerte sur les nouveaux anticoagulants

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 20 Septembre 2013 : 16h25
Mis à jour le Vendredi 20 Septembre 2013 : 16h25

Selon les médecins biologistes, les nouveaux anticoagulants comme le Pradaxa, sur le marché depuis 5 ans déjà et prescrits en cas de troubles de la coagulation (embolies, phlébites, infarctus, AVC), ne sont pas sans danger.

Associés à un risque d’hémorragie grave, le syndicat des jeunes biologistes médicaux vient d’alerter le Ministère de la Santé afin de prévenir « un nouveau scandale sanitaire ».

Les nouveaux anticoagulants ne doivent pas remplacer systématiquement les antivitamines K

Le Pradaxa fait partie des nouveaux anticoagulants, des médicaments qui aident à lutter contre la formation des caillots sanguins et qui sont prescrits à des patients atteints de mala­die thrombo-embolique, de fibril­la­tion auri­cu­laire ou à des porteurs de pro­thèse de genou ou de hanche.

Ces nouveaux médicaments sont de plus en plus prescrits au détriment des anticoagulants plus anciens que sont les antivitamines K. Le syndicat des jeunes biologistes médicaux parle même de prescription « démesurée et hors recommandations médicales ».

En 2012, parmi « les 100.000 patients entre­pre­nant un trai­te­ment anti­coa­gu­lant, 57 % se sont vus pres­crire un nouvel anticoagulant en pre­mière inten­tion », et 35.000 sous antivitamines K sont passés aux nouveaux anticoagulants. Or les médicaments ont en commun avec les antivitamines K qu’ils peuvent provoquer de graves hémorragies, potentiellement mortelles.

Le problème avec ces nouvelles molécules est qu’il n’existe pas d’antidote pour stopper l’hémorragie, alors qu’avec les antivitamines K il suffit d’administrer de la vitamine K pour neutraliser l’effet hémorragique du médicament. Au Japon et en Allemagne, premiers pays à les avoir commercialisés, les accidents graves et mortels se multiplient.

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Pradaxa : un nouveau scandale en vue ?

Les biologistes soulignent également un grave problème financier puisque ces médicaments, remboursés par l’Assurance maladie, coûtent 76€ par mois contre 12,5€ pour les antivitamines K.

Afin de prévenir « un nouveau scandale sanitaire », le syndicat des biologistes vient d’alerter la Ministre de la Santé Marisol Touraine. Parallèlement, l’Agence du médicament a envoyé un courrier aux médecins les mettant en garde contre les effets indésirables de ce médicament.

En pratique, le syndicat demande à ce que les nouveaux anticoagulants soient « inscrits sur la liste des médi­ca­ments à pres­crip­tion d’exception (…) afin que toute ins­tau­ra­tion de trai­te­ment soit médica­le­ment jus­ti­fiée et qu’un recul suffisant sur ces nouveaux traitements anti­coa­gu­lants et les acci­dents liés soit per­mis ».

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 20 Septembre 2013 : 16h25
Mis à jour le Vendredi 20 Septembre 2013 : 16h25
Source : Com­mu­ni­qué de presse du Syndicat des jeunes biologistes médicaux, septembre 2013.
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