Pilules de 3e et 4e génération : le scandale médiatique se traduit par +4% d’IVG !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 22 Octobre 2014 : 16h00
Mis à jour le Mercredi 22 Octobre 2014 : 19h02

Fin 2012, les pilules de 3e et 4e génération ont été sévèrement accusées d’effets secondaires graves avec un très fort retentissement médiatique.

Par peur, des milliers de femmes ont brutalement interrompu leur contraception.

Quelles en sont les conséquences, notamment en termes d’IVG ?

© getty

Quelles sont les conséquences de cette déferlante médiatique ?

Tout a commencé en France en décembre 2012 lorsque des plaintes de patientes contre les laboratoires commercialisant ces pilules ont été déposées. La déferlante médiatique a fait le reste, avec pour résultats des abandons de la contraception orale.

Deux ans plus tard, des chercheurs ont voulu chiffrer les conséquences médicales de cette alerte médiatique et notamment dénoncer la hausse du nombre d’IVG (Interruption volontaire de grossesse) qui en découle.

PUB

+4% d’IVG, 10.000 femmes victimes

Au total, 2.300 IVG ont été comptabilisées dans 11 centres IVG, survenues à la suite d’un arrêt de contraception chez des femmes (âge moyen de 26 ans) qui ont déclaré avoir eu peur des informations véhiculées par les médias. Rapporté au nombre moyen habituellement pratiqué en France, cela correspond à une augmentation de 4% des avortements directement attribuables au scandale médiatique des pilules de 3e et 4e génération. Si l’on considère que le phénomène s’est étalé sur une année environ, on arrive à un total de 10.000 femmes victimes des informations véhiculées par les médias.

Or les conséquences d’une IVG sont très loin d’être négligeables, avec outre des répercussions psychologiques certaines, des effets secondaires physiques durables fréquents.

Au final, si depuis une dizaine d’années le nombre d’IVG en France est stable, le prochain bilan devrait annoncer un triste retour à la hausse…

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 22 Octobre 2014 : 16h00
Mis à jour le Mercredi 22 Octobre 2014 : 19h02
Source : S Pozzi-Gaudin et coll., Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologique de la Reproduction, 30 septembre 2014, DOI: 10.1016/j.jgyn.2014.08.006, http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S036823151400221X.
PUB
PUB
A lire aussi
Contraception, où en est-on ?Publié le 10/08/2014 - 22h00

La polémique sur les pilules de 3ème et 4ème générations et leur déremboursement a conduit les femmes à s'intéresser à d'autres modes de contraception. Attention, si certaines méthodes comme le DIU sont efficaces, d'autres sont plus risquées...

Stabilité des IVG en FrancePublié le 30/06/2014 - 06h01

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) est stable en France depuis une quinzaine d’années indique la Dress, service statistique du Ministère des Affaires sociales et de la Santé. En Métropole, le taux de recours moyen est de 14,5 IVG pour 1.000 femmes, mais il est bien plus...

Contraception : choisissez celle qui vous va !Publié le 17/09/2007 - 00h00

Il n'y a pas qu'une méthode contraceptive. Alors autant choisir celle qui vous convient le mieux, celle qui est adaptée à votre quotidien. Tel est le message que les pouvoirs publics souhaitent faire passer, dans le but de diminuer le nombre de grossesses non désirées : un tiers des femmes...

Plus d'articles