Pesticides : les Français sont toujours surexposés

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 30 Avril 2013 : 17h45
Mis à jour le Jeudi 02 Mai 2013 : 10h18

Selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire (InVS), les Français sont bien plus exposés que les Allemands, Américains et Canadiens aux insecticides, largement utilisés dans le traitement des cultures et dans les applications domestiques (antipuces, anti-moustiques…).

© Istock

Très forte exposition aux pyréthrinoïdes

Les concentrations en insecticides dans le sang et les urines des Français ont été mesurées (chez 400 personnes âgées de 18 à 74 ans). Trois familles de pesticides ont été analysées : pesticides organochlorés (HCB, HCH, DDT et son métabolite le DDE, chlorophénols), pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes (et certains PCB).

Les résultats montrent que l’exposition aux pesticides de la population française reste très élevée et dépasse largement celle subie dans d’autres pays comparables (Allemagne, États-Unis, Canada) en ce qui concerne les pyréthrinoïdes. Cette dernière famille de pesticides est fréquemment utilisée dans les jardins potagers et par exemple comme traitement antipuces pour les animaux domestiques.

Concernant les pesticides organophosphorés, les concentrations urinaires des Français sont inférieures à celles des Allemands, mais supérieures à celles des Canadiens et des Américains. Sans surprise, les taux urinaires de pesticides organophosphorés sont plus élevés chez les personnes qui habitent à proximité de vignobles traités et qui utilisent des insecticides dans leur logement.

En revanche, la concentration sanguine en PCB (aujourd’hui interdit) a été divisée par trois en 20 ans (entre 1986 et 2007), mais reste proche du niveau européen et est 5 fois plus élevée qu’aux États-Unis. Par ailleurs, 13% des femmes en âge de procréer présentent des taux de PCB supérieurs aux seuils fixés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses)…

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Peut-on réduire notre exposition ?

En attendant des règlementations toujours plus cohérentes, on peut réduire, à notre niveau, notre exposition aux pesticides en utilisant mieux ces produits notamment dans les jardins potagers (ex : pas de surdosage, protection vestimentaire…), dans nos logements (ex : pas de diffuseur de produits anti-moustiques…) et dans la protection de nos animaux domestiques (ex : ne pas dormir à côté d’un chien ou d’un chat portant un collier antipuces…).

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 30 Avril 2013 : 17h45
Mis à jour le Jeudi 02 Mai 2013 : 10h18
Source : Institut de veille sanitaire (InVS) « Exposition de la population française aux substances chimiques de l'environnement », Tome 2 - Polychlorobiphényles (PCB-NDL) / Pesticides, 29 avril 2013, http://www.invs.sante.fr/fr/Publications-et-outils/Rapports-et-syntheses/Environnement-et-sante/2013/Exposition-de-la-population-francaise-aux-substances-chimiques-de-l-environnement-Tome-2-Polychlorobiphenyles-PCB-NDL-Pesticides.
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