Une nuit blanche, c'est dangereux ?

Publié par Dr Philippe Presles le Samedi 31 Juillet 2010 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 27 Mai 2015 : 12h41
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La réponse est non, surtout quand on est jeune et en bonne santé. Surtout quand les nuits sont belles, et les levers de soleils paisibles. Surtout enfin quand la soupe à l'oignon est bonne et que la fête a été inoubliable. Reste que l'on peut éviter certains pièges pour ne garder que le meilleur d'une nuit blanche. Tout est question de bon sens.

Quels sont les risques d'une nuit blanche ?

Une grosse fatigue

Cela n'a pas grande importance si vous n'avez que deux pas à faire pour rejoindre un lit, mais c'est une autre histoire sur la route si vous devez conduire. Or tout le monde accuse une baisse de vigilance, notamment autour de 3 heures du matin. Ce n'est donc pas le moment de conduire, faute de quoi votre temps de réaction double, avec les conséquences dramatiques que cela peut avoir. La somnolence multiplie par 5,6 le risque d'accident entre 2 et 5 heures du matin. De plus, si accident il y a, il risque d'être beaucoup plus grave : la nuit est responsable de 37 % des blessés graves et de 45 % des tués, pour une circulation estimée à 10% seulement.

Une recrudescence de certains problèmes médicaux

Les asthmatiques doivent fuir les endroits enfumés, car le calibre de leurs bronches a tendance à rétrécir entre 21 heures et 5 heures du matin. Ce n'est donc pas la peine d'en rajouter, sous peine de crise d'asthme (une bonne raison pour ne pas oublier vos médicaments). Ceux qui ont des antécédents cardiaques ne doivent pas forcer sur la piste de danse, surtout au petit matin : vers six heures, leur tension grimpe, leur viscosité sanguine augmente, d'où un risque accru d'infarctus, cette fois.

Des troubles de la concentration le lendemain

Passe encore si vous n'aviez pas d'autre programme que le farniente. Mais si votre emploi du temps est chargé ou pire, si vous devez impérativement mémoriser quelque chose d'important, par exemple à l'approche d'une session d'examen, oubliez toute idée de nuit blanche, la veille mais aussi les jours qui précèdent ! Car ne pas dormir la nuit vous expose à des troubles de la concentration et de la mémorisation. Si vous prolongez l'expérience, vous risquez même de décaler complètement votre organisme car pour que la mélatonine - une hormone qui synchronise toutes les fonctions de l'organisme - soit normalement sécrétée, vous devez dormir de nuit et de façon régulière. Or la mélatonine joue également sur votre humeur : vos folles et longues nuits s'accomapgneront ensuite d'une humeur massacrante !

La meilleure façon d'y échapper

Durant la nuit blanche

Pensez à bien vous réhydrater, notamment si vous dansez. Ne buvez pas d'alcool - ou alternez avec des boissons non alcoolisées et évitez les mélanges - car ses méfaits viennent se surajouter à la fatigue. Prévoyez de dormir sur place, mais certainement pas de conduire alors que vous êtes épuisé. Méfiez-vous des faux amis comme les boissons riches en caféine, énergisantes ou la cigarette : sur le moment, ils vous donnent l'illusion d'être en forme, mais en réalité, vos réflexes ne suivent pas.

Le lendemain d'une nuit blanche ponctuelle

Ne prolongez pas votre nuit jusqu'en milieu d'après-midi car vos rythmes biologiques internes seraient trop perturbés. Le mieux est de vous lever dans la matinée et même comme d'habitude, si vous êtes du matin (c'est-à-dire couche tôt - lève tôt), quitte à faire une courte sieste et à vous coucher de bonne heure le soir venu !

En prévision d'un proche retour de week- end ou de vacances

Vous avez peut-être très envie de profiter jusqu'au bout de vos week-ends ou de vos vacances, mais si vous avez joué les oiseaux de nuit, il risque de vous falloir plus d'une nuit de sommeil pour vous en remettre. C'est d'autant plus important que vos activités nécessitent toute votre vigilance, comme la conduite d'un véhicule ou d'un engin, le travail sur une machine non dénuée de risque, etc. Dans ce cas, quelques jours au rythme habituel, avant la vraie reprise, ne seront pas de trop...

Publié par Dr Philippe Presles le Samedi 31 Juillet 2010 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 27 Mai 2015 : 12h41
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