Neurofeedback dynamique: à quels résultats s’attendre ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 18 Avril 2017 : 11h04
Mis à jour le Mardi 18 Avril 2017 : 11h04
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Le Neurofeedback  (Neuroptimal) est une méthode non invasive et sans contre-indications qui a vu le jour en 2001 grâce à deux psychologues cliniciens.

C’est une méthode non médicale qui permet au cerveau de réguler son activité cérébrale, qui est mal connue en France, mais dont les résultats sont parfois très spectaculaires. À travers quelques exemples, Fabienne Domberger*, praticienne en Neurofeedback (Système NeurOptimal), nous décrit comment elle aide ses clients à retrouver leur autonomie et leur capacité émotionnelle, à gérer ce qui se passe en eux.

Le Neurofeedback est une technologie qui permet de travailler sur la plasticité cérébrale, une caractéristique naturelle du cerveau qui consiste à recréer continuellement des connexions neuronales.

On utilise un logiciel, des capteurs pour prendre le signal de l’activité électrique du cerveau et un boîtier qui va « observer », à la fréquence de 256 fois par seconde, l’activité cérébrale et faire une comparaison avec l’activité des secondes précédentes. Pendant ce temps, la personne regarde un film ou écoute de la musique car le son est indispensable. En effet, dès que le système va détecter une variation trop importante de l’activité électrique, il va déclencher une microcoupure du son : c’est le feedback.

Cette microcoupure, ce signal, surprend le cerveau, qui, ne trouvant pas de stress auquel répondre donne une réponse de relaxation. Tout cela s’est fait dans un instant « T », le cerveau s’est ainsi régulé. Le retentissement est global, touchant tous nos systèmes biologiques qui vont tendre vers un état d’homéostasie.

« C’est comme une remise en équilibre », explique Fabienne Domberger*, « le Neurofeedback dynamique (Neuroptimal) permet de stimuler le cerveau pour qu’il crée de nouvelles connexions (tout comme y contribuent de bonnes relations affectives, une hygiène de vie et une activité physique optimales, ou encore une bonne alimentation ou stimulation intellectuelle).

L’inconvénient de cette méthode est qu’il est impossible de prévoir les résultats dans le cadre d’une démarche donnée ; mais il n’est pas possible non plus de ne pas observer de changements positifs ».

Pourriez-vous décrire quelques résultats obtenus dans votre pratique quotidienne du Neurofeedback (NeurOptimal) ?

Fabienne Domberger : « Il m’est arrivé de recevoir des personnes atteintes de dépression traitées par des antidépresseurs, et qui cherchent à s’affranchir de leur traitement. Dans ce domaine le Neurofeedback donne des résultats incroyables. Les personnes diminuent leur traitement, avec l’aide bien sûr de leur médecin, et en parallèle font des séances de Neurofeedback dynamique. J’ai, de cette manière, accompagné des personnes qui sont sorties de leur dépression après une dizaine de séances. Toutes se posent ensuite la question de la pérennité des résultats obtenus avec cette approche. Je les renvoie alors vers le médecin traitant, lequel peut constater les effets et décider de la suite à adopter.

Le Neurofeedback a beaucoup d’autres applications comme cet exemple spectaculaire d’un enfant que j’ai suivi pour phobie scolaire, troubles de l’attention et dépression. Déscolarisé et totalement démuni après une tentative de suicide, il a intégré une école spécialisée pour enfant précoce. Je lui ai alors proposé d’expérimenter le Neurofeedback (Neuroptimal).

Après 17 séances, il est redevenu un adolescent ouvert, sans phobie et sans dépression, ce qui lui a permis d’obtenir son Bac avec mention. De plus, alors qu’il avait toujours pris des cours de piano, mais en dilettante à cause de ses troubles de l’attention, il s’est soudainement remis au piano et a atteint un niveau étonnant. Aujourd’hui, il fait des études de musicologie.

Le Neurofeedback peut développer des aptitudes que l’on a au fond de soi comme le dessin ou ici la musique. J’ai constaté cet effet à plusieurs reprises comme notamment chez cette personne engagée dans des séances de Neurofeedback qui disait n’avoir jamais été sensible aux travaux manuels qui subitement s’est lancée à l’âge adulte avec beaucoup de plaisir dans le tricot et le piano.

Autre exemple, cette jeune fille de 13 ans, atteinte d’un trouble déficitaire de l’attention et dont la mère avait interrompu le traitement par ritaline quelques mois plus tôt, en raison de ses nombreux effets indésirables constatés : retard de croissance, troubles des cycles menstruels, sentiment de vide intérieur. Le Neurofeedback l’a énormément aidé. Après deux séances, alors qu’elle était particulièrement stressée à l’approche de son brevet blanc et présentait des problèmes d’attention et de mémoire perturbant fortement ses apprentissages, elle a témoigné de changements conséquents : elle s’est trouvée soudainement dans la capacité d’organiser son temps de travail, mémorisant l’énoncé de son devoir et restituant ses connaissances, cela même en situation d’examen.

Avant de débuter le Neurofeedback, puis au fil des séances, il est essentiel de tenir un questionnaire d’évolution à jour, afin d’apprécier tous les changements. En effet, sans cela, on peut ne pas s’apercevoir des multiples transformations progressives qui s’opèrent car on s’adapte aux changements, et surtout aux changements positifs : il devient normal de ne plus vérifier trois fois si l’on a bien fermé sa porte, de ne plus oublier son sac dans la voiture, de bien dormir, de ne pas être stressé en traversant la rue, etc.

Mes compétences en nutrition et naturopathie sont un bon complément au Neurofeedback et me permettent de divulguer des conseils alimentaires et d’hygiène de vie en général. Anxiété, troubles du sommeil, digestifs, de l’humeur peuvent ainsi être diminués d’autant ».

A lire aussi : Neurofeedback (neuroptimal) : aider son cerveau à mieux fonctionner

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 18 Avril 2017 : 11h04
Mis à jour le Mardi 18 Avril 2017 : 11h04
Source : * Fabienne Domberger, professionnelle de santé, thérapeute en thérapies brèves et familiales (analyse transactionnelle, programmation Neuro-linguistique et hypnose Ericksonienne, constellations familiales et systémiques), naturopathe et conseillère en nutrition, coach de l’institut de Coaching International de Genève et praticienne en Neurofeedback (Système NeurOptimal). Pour en savoir plus : http://www.oser-etre.net/.
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