Moins de pollution, 5 mois de vie en plus

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 02 Mars 2009 : 01h00
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La pollution augmente la mortalité. Inversement, si l'on réduit la pollution de l'air, est-ce que l'espérance de vie va augmenter ? La réponse est oui. Pour preuve, la longévité des Américains des grandes villes s'est accrue de 3 ans, dont 5 mois directement attribuables aux efforts anti-pollution menés depuis une vingtaine d'années.

La durée de vie augmente quand la pollution baisse

Les investissements pour améliorer la qualité de l'air sont rentables. Aux Etats-Unis, les efforts visant à réduire les concentrations de polluants atmosphériques durant les 20 dernières années ont conduit à des améliorations mesurables et importantes de l'espérance de vie.

En effet, d'un côté on peut mesurer régulièrement les taux de particules fines, reflétant le niveau de pollution atmosphérique, et d'un autre, suivre l'évolution de l'espérance de vie. Ces deux types d'informations ont été recueillis dans 51 grandes villes américaines.

Entre 1980 et 2000, les taux moyens de particules fines ont chuté de 21 à 14 /m3. Quant à l'espérance de vie, elle a augmenté de 3 ans en moyenne. Selon de savants calculs scientifiques, chaque baisse de 10 /m3 de la pollution atmosphérique dans une ville s'accompagne d'une hausse de plus de 7 mois de l'espérance de vie moyenne. Autrement dit, sur les trois années gagnées en espérance de vie, 5 mois sont attribuables à la baisse de la pollution de l'air. Dans les villes qui étaient très fortement polluées dans les années 80 et qui sont devenues aujourd'hui ' plus propres ', le gain de vie des habitants peut atteindre jusqu'à 10 mois.

En conclusion, chaque effort, petit ou grand, est récompensé et peut se mesurer très concrètement.

Où faut-il habiter pour diminuer son exposition à la pollution ?

On peut bien entendu recommander d'habiter à la campagne ou dans une petite ville, réputée pour être moins polluée que les grandes agglomérations.

Comme c'est rarement possible, voici quelques points qu'il faut connaître :

1) Evitez la proximité immédiate d'un pressing car les procédés utilisés pour le nettoyage à sec dégagent des composés organiques volatils (COV) extrêmement toxiques. Les appartements situés au-dessus des pressings sont donc plus pollués que les autres. D'ailleurs, aérez vos vêtements lorsqu'ils reviennent du pressing.

2) Evitez les rez-de-chaussée où se concentre la pollution. Plus vous montez, moins c'est pollué.

3) Evitez la proximité des grandes artères. L'intensité de la circulation automobile et les conditions atmosphériques sont à l'origine de pics de pollution, dont les effets se mesurent directement sur l'état de santé des habitants.

4) Consultez les cartes de pollution : www.airparif.asso.fr, prevair.ineris.fr.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 02 Mars 2009 : 01h00
Source : Pope A. et coll., N. Engl. J. Med., 360 : 376-86 et 413, 2009.
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