Ménopause : le traitement hormonal augmente-t-il le risque de cancer du sein ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Avril 2008 : 02h00
Mis à jour le Lundi 23 Novembre 2015 : 14h30
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Nouveau rebondissement dans l'affaire du THS ou traitement hormonal substitutif de la ménopause. Après avoir été réhabilité, il est à nouveau accusé d'augmenter le risque de cancer du sein. Explications et argumentation du Dr David Elia*.

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause ou THS

Dr David Elia : En 1997, une analyse anglo-saxonne démontrait que le traitement de la ménopause augmentait le risque de cancer du sein. Mais cette hausse du risque était vraiment minime, pas même supérieure au fait de boire plus de 2 verres de vin par jour, d'être en surpoids ou d'avoir eu son premier enfant après 30 ans. Ainsi, les autorités de santé des différents pays considèrent qu'il y a bien plus d'avantages à ce traitement que d'inconvénients. Simplement, elles engagent les femmes et les médecins à la vigilance et à la surveillance.

Quels sont les avantages du THS ?

Dr David Elia : L'avantage est cardiovasculaire. En 1997, on considère que le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) diminue de moitié le risque cardiovasculaire, ce qui est beaucoup par rapport à l'augmentation du risque de cancer du sein (20-30% du risque). Par ailleurs, le THS corrige et prévient l'ostéoporose, sans parler de l'aide considérable qu'il apporte aux nombreuses femmes ménopausées qui voient leur qualité de vie très dégradée lorsqu'elles n'ont pas de traitement.

Tout était calme jusqu'en 2002, lorsqu'une étude américaine (WHI) annonce que le THS ne protège pas du risque cardiovasculaire, mais l'augmente (30% du risque). Dans ces conditions, la balance des bénéfices / risques n'était plus favorable au THS. Mais en 2006, lors de la publication des résultats complets et définitifs de cette étude, on s'aperçoit que cette augmentation du risque cardiovasculaire dépend de l'âge et n'est observée que chez des femmes traitées à partir de 65 ans. Le THS reste donc bénéfique entre 50 et 65 ans. Et en pratique, en France, ce sont bien des femmes relativement jeunes, en tout début de ménopause, qui bénéficient de ce traitement en diminuant leur risque d'infarctus du myocarde. Par la suite, une étude française (E3N - Inserm) a montré que pour le risque de cancer du sein, tout dépendait du type de progestatifs contenus dans le THS, certains faisant augmenter le risque de cancer du sein, d'autres non. Ceux qui n'augmentent pas le risque de cancer du sein sont la progestérone micronisée Utrogestan® et la dydrogestérone (Duphaston 10®), très proches de la progestérone naturelle.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 14 Avril 2008 : 02h00
Mis à jour le Lundi 23 Novembre 2015 : 14h30
Source : Sources et pour en savoir + : * Le Dr David Elia est gynécologue, rédacteur en chef du magazine GENESIS, leader de la presse gynécologique, publie régulièrement dans les revues scientifiques et est l'auteur de plus de 35 livres grand public. Il a également créé un site internet à destination des femmes (www.docteurdavidelia.com) dont la nouvelle version vient d'être mise en ligne, ainsi qu'un Podcast sur lequel on peut l'entendre : http://david100.podemus.com. Et enfin, le Dr David Elia est membre du comité scientifique d'e-sante.
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