• rating
    • rating
    • rating
    • rating
    • rating
    0 avis
  • Consultations (2131)
  • Commentaires (0)

Interview : La sexualité sous haute surveillance

Interview : La sexualité sous haute surveillance
La sexualité continue à évoluer et les moeurs en la matière changent. On parle de nouveaux comportements sexuels. S'orienterait-on vers une libéralisation sexuelle ? Selon le Pr Paul Bensussan*, " soyons réaliste, la sexualité reste sous haute surveillance ".

Pr Paul Bensussan : La permissivité apparente de notre société ne doit pas faire oublier que les comportements sexuels, y compris les plus « débridés » et novateurs, demeurent sous haute surveillance. Certes, le voyeurisme médiatique alimente l'exhibitionnisme actuel, certains tabous ont reculé (je pense à l'homosexualité, autrefois délit sexuel, puis perversion...), de nouveaux comportements émergent comme symbole d'une « modernité » (bisexualité, échangisme, sadomasochisme soft...). Pour autant, tout cela me semble extraordinairement codifié et rigide et seule une lecture naïve de cette évolution peut faire imprudemment conclure à une libéralisation des moeurs. La loi dite de modernisation sociale de janvier 2002 et sa définition particulièrement extensive du délit de harcèlement sexuel, illustrent parfaitement cette coexistence de permissivité apparente et de crispation juridique, avec augmentation du champ de la délinquance sexuelle... et de la répression.En revanche, la diversification des comportements sexuels renforce l'un des plus puissants moteurs de la vie érotique : la curiosité. Grâce à cette évolution, de nombreux couples, au potentiel érotique autrefois restreint, se sont essayés (avec plus ou moins de bonheur et de persévérance) à des fantaisies érotiques auxquelles ils n'auraient jamais songé à d'autres époques...

e-sante : Comment s'y retrouver pour sa propre sexualité ?

Pr Paul Bensussan : La tentation de s'ouvrir à des fantaisies promues (on ne peut le dire autrement...) par les médias ne peut être érigée en règle et ne devrait pas faire oublier que dans ce domaine tout reste possible, du zéro... à l'infini. Et l'affirmation de soi ne consiste plus seulement à oser tenter telle ou telle expérience ou pratique, elle peut aussi se mesurer dans la capacité à ne pas se sentir concerné par des fantasmes « tendance », à ne pas déprécier ses pratiques ou sa sexualité sous prétexte de classicisme ou de ringardise. L'épanouissement sexuel d'un individu, le potentiel érotique d'un couple, ne sauraient se mesurer à l'aune de leur diversité ou de leur conformité à une norme... fût-elle l'absence de norme !

Article publié par le 24/09/2003

Trouvez-vous cet article intéressant ?
 

Pub

VOTRE COMMUNAUTÉ Santé sexuelle

Participez aux discussions les plus actives