Les implants mammaires PIP se rompent plus souvent que prévu

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 18 Avril 2012 : 13h05
Mis à jour le Vendredi 20 Avril 2012 : 08h40

Une nouvelle étude britannique montre que les prothèses PIP non conformes en raison de leur remplissage avec un gel non médical, ont un taux de rupture bien plus élevé que celui initialement estimé : il serait de 15 à 33 % pour des prothèses vieilles de 7 à 12 ans et non de 2 à 5 % comme on le croyait jusqu’ici.

© getty

Une étude conduite auprès de 500 femmes

Pour arriver à ces résultats, deux chirurgiens plasticiens britanniques ont retiré des prothèses PIP chez 453 patientes.

Ils ont ensuite examiné les fameuses prothèses par échographie, car cet examen est bien plus fiable pour repérer une rupture de l’enveloppe externe. Et à leur grande surprise, ils ont retrouvé un taux de rupture jusqu’à 6 fois plus important que celui annoncé !

Or si avec un implant mammaire normal, cette éventualité n’est pas un problème dans la mesure où le gel de silicone utilisé (gel médical) est conçu de manière à ne pas provoquer d’irritation sur les tissus environnants, il n’y a pas de données concernant le gel non médical utilisé pour la fabrication desprothèses PIP.

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Une Française sur cinq a déjà fait retirer ses prothèses PIP

En France, les quelque 30.000 Françaises porteuses de prothèses PIP ont reçu la recommandation de les faire retirer et à la mi-mars, 20 % d’entre elles (soit environ 6.000 femmes) étaient déjà passées à l’action : à cette occasion, 1.986 ruptures ont pu être constatées (soit environ un tiers des prothèses PIP), la moitié de ces ruptures concernant des prothèses récentes, de moins de cinq ans, ce qui est tout à fait anormal.

En Angleterre, le gouvernement n’a pas encore fait cette recommandation aux 47.000 Britanniques concernées, mais ces nouvelles données pourraient bien accélérer leur prise de décision. On voit mal en effet comment des milliers de femmes pourraient encore longtemps supporter l’idée d’avoir des prothèses à risque anormalement élevé de rupture et dont les effets du gel utilisé à court, moyen et long terme, ne sont pas connus sur la santé.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 18 Avril 2012 : 13h05
Mis à jour le Vendredi 20 Avril 2012 : 08h40
Source : Journal of plastic, reconstructive and aesthetic surgeryavril 2012.
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